Le site de l'association "Patrimoine en Ribère-Ousse"

Les Bois de la Ribère-Ousse

dernière mise à jour: 17 avril 2010
(extrait de la monographie le Bois d’Azet et les Pontaquais du XIVème au XXème siècle par Marie Josée Denel Arbus)

 Promenons nous dans les bois de la Ribère Ousse du XIVème siècle à nos jours.

      Faisons un petit tour dans le bois de Soumoulou dit de Ladevèze, qui faisait partie des nombreuses acquisitions de la famille de Day et fut vendu un peu avant 1812 pour 8000 francs à Bernard Davantès maître de Poste qui y habitait. Continuons notre randonnée par le bois de Hours, affiévé dès 1513 par le Seigneur du lieu et d’Espoey, noble D’Abère qui fut vendu en 1731 pour une part au seigneur de Jasses et pour une autre part au seigneur spirituel de Livron. Nous aurions évité en 1496 sur Coarraze, à Garue, une forêt dite »  Forêt Darré «  car même si l’affièvement en était fait par Pontacq, nous aurions pu y rencontrer le farouche baron de Coarraze. Il est vrai que même »  ayant droit de prendre, bois vif et mort pour bâtir et autres objets, sans nulle contradiction, au moyen de trente sols de fief annuel « , les Pontaquais s’en méfiaient.

      Nous aurions pu nous promener à cheval ou chasser en 1643 dans des bois de Pontacq, appartenant à des particuliers tels que le Sieur d’Auture, le Sieur Figuères (ou Higuères), ou le Sieur Pastre. L’année suivante en 1644, rencontrer, noble Isaacq de la Place, Seigneur d’Estibayre avant qu’il ne vende à Monsieur Ramon de Balette, un petit bois compris dans une métairie dite de Laugaron et provenant de Damoiselle d’Assubes épouse du noble Paul d’Abadie.»  Ce bosquet et cette métairie couvraient l’actuel quartier de Fossat « ,  me dit Gérard Gaston »  et s’appelait le Laügarou « .

      Nous aurions pu parcourir en 1693 le bois de Seubemale quoique »  la mauvaise forêt «  était qualifiée, par les jurats de la ville « d’un lopin de bois qui occasionne plus de dépenses que de revenus. Il n’y a que des méchants arbres et en petite quantité lesquels sont tous émondés sans qu’il y ait une branche de l’espaisseur du doit ».  « Le bois de Seubemale faisait partie de Garrue, il y avait des genêts, des ronces» , nous  dit Gérard Gaston »  Cela n’aurait pas été une belle promenade ! J’aurai préféré le Badaro, ce bois qui se situe à cheval entre Pontacq et Lamarque Pontacq, vers Ossun. C’est, dit-il, le bois de Bataille de Sévignac, il y avait là, le Château de Couet. Quand j’étais petit, il y a quelques 70 ans ou plus, j’allais m’amuser dans ce bois, il y avait un four à chaux où l’on traitait le plâtre venu de Barlest … dans le 65 « 

      Des particuliers comme le Sieur De Furé possédaient en 1733 une propriété avec deux bosquets. On terminerait notre périple au bois d’Azet que la ville possède encore de nos jours. On trouve l’appellation « Azet»  en 1597. En 1754 il a été aménagé en 25 coupes.

      « Azet qui a, en béarnais, la signification de serré était à essence de chênes à haute et belle futaye de differens âges mêlez de quelques haitres» , écrivait-on en 1749.

      On l’appelait la plupart du temps, par excellence : le Bois, nous dit Beaurain, l’historien de Pontacq.

            Bien sûr, c’est une promenade très écourtée par rapport aux sentiers que nous prenons à travers la monographie du bois d’Azet en cours d’exécution, mais cela vous donnera peut- être envie de prendre votre bâton de marche !

En arrière plan, le bois d'Azet vu du bois du sarailh

 

Les hommes des bois.

« Il y avait dans le bois d’Azet un hangar qui servait d’abri pour les gardes forestiers. Il reste quelques ruines des murs que nous pourrons voir demain» , me dit Gérard. L’abri dont parlait Gérard Gaston et dont les ruines sont prises en photo par Noël Paradis était la cabane du garde forestier ; était-ce celle du XVIIIème siècle ? Peut être…, toujours est-il que c’est Le Sieur de Meyrac, Maire de Pontacq qui, proposa en Avril 1717 en délibération à L’assemblée, le projet de : »  Bâtir une petite cabane de pierre, de chaux et sable dans le bois d’Azet pour la retraite du garde bois, ayant remarqué par expérience, que celle qui est habituellement construite de boisage, occasionne beaucoup de dépenses en bois, est toujours en mauvais état, ne permet pas aux gardes de s’abriter « (il s’agissait des gardes forestiers Esparros et fils).

A gauche les Ruines de l'ancienne cabanne des gardes, à droite la maison forestière

Le bois d’Azet a son gardien particulier dès 1521, il s’agit de Ramon de Basse qui exerce son métier jusqu’en 1531(Beaurain).

En 1613, le gardien du bois d’Azet à Pontacq est Arnauton de Casarrer.

De 1629 à 1643 le gardien du bois d’Azet est Isaac de Nogué.

En 1701 « Esparros a esté continué pour gardien du bois d’azet sur le pied de l’année passée.» 

En 1705 Esparros est toujours gardien du bois d’Azet. En 1717 c’est  Jean Esparros père et fils qui pour trente livres et 9 sols surveillent le bois d’Azet.

En 1748 Jean Germa et Jean Lauray ont été nommés garde bois d’Azet et de Sarrailh aux gages de 50 livres chacun (BB 17 F29 g ) renouvelés dans leur fonction le 5 Avril 1750. (BB 17 f78).

En 1758 c’est Dominique Mahomme Amadine, ce nom se prononce Mahoume (en forçant le h) qui « a de continué par unité de suffrages pour garder le bois d’Azet»  (BB17 f313d); il semble que le poste reste dans la famille puisque Dominique et Jean Mahomme père et fils »  ont été continué garde forestier aux gages de 150 livres »  en Mai 1783 décision signée par Souberbielle (BB25 f 94et 95 G).

Ainsi, au rythme des saisons, comme par enchantement la forêt s’éveille des bruits d’antan, du bûcheron à la cognée, du scieur de long que fut Louis Barbier, décédé le 09/11/1840 à Pontacq à l’âge de 105 ans (papiers personnels Christian Bordenave d’Agen))… Le bois, transporté au village permettra la rénovation des ponts, des maisons, des lieux de culte comme le temple. Avec ce bois, l’artiste Caron de Lescar en 1695 gravera un retable fort onéreux pour l’église de Pontacq. Ce même bois permettra au charpentier que fut en 1791 Pommiès, maître charpentier de Pontacq et à son apprenti Soulé de Séron, de construire des maisons. Le menuisier fabriquera les huisseries, l’ébéniste, des meubles. On retrouve dans les délibérations un sculpteur de Pontacq, Pierre Sans Tisner, qui demanda aux jurats un « Haistre du bois d’Azet»  pour entreprendre en 1705 la sculpture de l’image de Saint Paul, qui fut doré par Larrieu de Riscle. Plus près de nous, Pierre Barrère réalisera avec bien d’autres en 1894 la belle chapelle attenante de l’ancienne propriété d’Estibayre donné à Saint Frai par Mme Poque. Ce bois permettra, aux frères Piquer d’ouvrager les sabots début du XXème siècle, à Ménique de réaliser de beaux meubles, à Joseph Turon de rénover le moulin de M. Thonon. Et la liste n’est pas exhaustive !

 

maquette de la charpente du moulin Tonon, réalisée par Joseph Turon

 Le bois, produit de première nécessité, réserve de chasse, matière première pour l’industrie

Il y avait le bois, produit de première nécessité, celui que les misérables sans ressources volaient pour survivre, le bois qui réchauffait les aliments, le bois de chauffage pour se défendre contre les rigueurs hivernales (en 1688 deux fagots de bois pour le prédicateur coûtaient 4 soit 6 deniers, le bois de chauffage de 2 à 4 livres le char). A Pontacq en 1705, un char de soutrage pour la litière des animaux  est vendu 4 sous (Pontacq BB8 f 115 r). La cherté du bois et la misère poussaient les habitants aux larcins, les jurats ont eu à délibérer sur de nombreux litiges forestiers. C’était aussi le bois où Guilhem de Jusan, qui était « porque»  de la ville en 1648, gardait les porcs pendant »  le glandage « 

 Il y avait bien sûr, le bois, richesse naturelle, réserve de chasse, où étaient perchéesencore en 1939, 18 palombières espacées de 300 mètres les unes des autres. Le bois, convoitisedes Seigneurs, propriété du Roi sécurisé par les « lobaters» , travail qu’exerçait Poque Cadet qui le 29 Mai 1783 réclamait son dû aux jurats de la ville (12 livres et 18 sols comprenant poudre et balles, pour la toque du loup).

Le bois dont on échangeait les parcelles contre des libertés et franchises. Ce fut le cas du baron Ignace de Livron qui devint Seigneur de la ville de Pontacq, en obtenant la propriété patrimoniale en 1771 par l’échange avec le roi Louis XV (Louis XVI dit Jean Tucat, »  Histoire de la région de Pontacq »  p 39) de 56 arpents de bois enclavés dans la forêt de Senonches, près de Dreux (Eure et Loire).

Il y avait le bois  pour l’industrie. Les structures du travail du bois ont évolué au cours des siècles: les scieries, les moulins de tan, les fours à chaux, les tanneries, les forges qui toutes nécessitaient du bois comme matière première ou combustion ont saccagé nos forêts.

Dans son traité inédit en 1789, De Laclède, qui avait visité le bois d’Azet en compagnie du jurat de Pontacq Barbanègre, écrit en parlant des bois des Pyrénées : »  Les forêts des Pyrénées exploitées pour la Marine sans le concours des Officiers des Eaux et Forêts ont été détruites…Une administration arrête et détruit ce que l’autre opère «  dit-il. Il semble que cette réflexion ait traversé le temps !

Après le dictat du Roi, celui du progrès mal géré malmena nos forêts !

Plus près de nous, depuis une dizaine d’années, les tempêtes Klaus en 2009, Lothar et Martin il y a 10 ans, Xynthia le 28 Février 2010, ont causé bien des dégâts.

 
 

Fresque d'une action de chasse représentant Vincent de Bataille (le poéte) et le docteur du village

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La Grande Peur à Pontacq

dernière mise à jour: 3 mars 2010

La Révolution de 1789


L’an 1789, et le mois de janvier, il a fait des froids extraordinaires ; l’eau des bénitiers a été glacée comme le marbre par deux fois ; les pots de chambre sous les lits ; même le vin dans les barils.
Cette même année il n’y a eu que révoltes par tous les endroits de la France ; la populace s’est rendue au-dessus de la justice ; elle faisait les lois qui lui semblait. Le froment s’est vendu le mois de mai, juin, juillet, à 9 livres, jusqu’à 10 la mesure ; et le millocq à 8 livres. Depuis que le froment a été ramassé, il s’est vendu 4 à 5 livres et le millocq de 6 à 7 la mesure. Il y a eu beaucoup de famille cette année qui ont souffert de la faim. . .
Ainsi s’exprime, sur le début de la Révolution, le « Livre de la Raison », ou relevé des faits mémorables d’un habitant d’Asson. Du fond de sa campagne béarnaise, cet observateur terre à terre et de vue directe, quoique limité, note dès l’abord ce que les historiens découvrent de plus en plus sous l’agitation de la rue, des sociétés, des assemblées ; l’inquiétude économique. Certes, parmi les moments de l’histoire, la Révolution est par excellence un combat de doctrines.
Cependant ici, comme en d’autres époques graves, les intérêts se mêlent puissamment aux idées. Et pour une importante partie du peuple, la dureté du temps, venue de la nature, renforcée par les hommes, c’est souvent les spectre de la famine qui hante l’arrière-fond de la scène révolutionnaire (1).

Une Crise Nationale de 1788 à 1789 :

Les premiers incidents éclatèrent en août 1788 à Pontacq. Les Jurats durent intervenir pour «qu’aucun particulier ne pu lever sa dernière récolte de gros millet qu’après l’entière perfection et maturité». A Pontacq les Jurats faisaient appel aux états pour obtenir 15 sacs de froment. La province les adressaient aux magasins de Bigorre qui étaient alors épuisés, « ce pour le soulagement des pauvres » la municipalité cherchait désespérément à emprunter ; à Pontacq, les revenus de l’Hôtel de Ville et ceux de l’Hôpital étaient depuis longtemps épuisés et l’aliénation de ceux de la fabrique rapporta à peine 1600 livres. Très lourdement endettées, les Municipalités étaient toutes au bord de la banqueroute ; les Etats de Béarn se trouvaient eux-mêmes dans une situation comparable.

En juillet 1789, l’annonce d’une bonne récolte rassure l’opinion et les autorités purent dresser un bilan de leur activité. Les commissaires des Etats imputaient la crise à l’agitation populaire qui avait empêché les magasins de vendre à un cours proche du « cour ordinaire du marché ». Pour prévenir les disettes il aurait fallu selon eux réaliser des importations massives, s’aligner sur les cours du marché libre, enfin veiller à ce que tout « soit exécuté sans troubles ».

En accusant l’émeute, les commissaires portaient le débat sur un nouveau terrain : celui de la politique. D’une manière générale le signal de la fin de la crise des subsistances a été celui de la grande peur. A Pontacq l’annonce d’une armée d’incendiaires venus de la Bigorre le 6 août entraîna la formation d’une milice bourgeoise ; le 7 août la plupart des communautés du Béarn faisaient de même. Les systèmes électoraux de l’Ancien Régime favorisaient les abus en multipliant les cabales et coteries ; dans les vallées, les syndics utilisaient souvent leur pouvoir pour se faire attribuer, à eux et à leurs amis, les meilleurs pacages. Barbanègre maire de Pontacq et négociant en draps et en chevaux imposait ses propres marchandises à ses concitoyens (2).

Un Pontacquais à la prise de la Bastille :

Nos députés aux Etats-Généraux sont arrivés à destination après la première bataille, sans doute après le 14 juillet. Il y avait eu cependant un jeune Béarnais (35 ans) et de marque, parmi les assaillants de la Bastille : Joseph Souberbielle, fils d’un régent de Pontacq, médecin à Paris. « Lorsque la grande porte fut forcée, écrit-il, « je faisais partie du groupe qui se précipita à l’intérieur. » L’Assemblée nationale lui donnera le titre d’honneur de « Chirurgien-major des vainqueurs de la Bastille ». Il fera une brillante carrière pendant la Révolution et l’Empire. Et toute sa vie il gardera précieusement le souvenir de cette journée sous la forme d’un moellon de la forteresse, enchâssé dans une caisse d’acajou, avec un petit drapeau tricolore et un bonnet phrygien ; un moellon de cette forteresse dont la démolition joyeuse, commencée sans délai, a été décrite de main de maître par Chateaubriand (3) (voir les Cahiers du Patrimoine en Ribère-Ousse n° 2).

L’épisode de la grande peur :

L’épisode de la grande peur qui troubla nos campagnes, et dont on ne sait encore au juste ni l’origine ni la marche dans nos campagnes, a touché notre coin de Béarn, c’était le 6 août 1789, ci-dessous on retrouve un extrait des registres de délibération du 7 août 1789.

Assemblée générale extraordinaire de toute la ville où se sont trouvés le sieur de Barbanègre Tourriulou, maire, Naude, Fouchou, Peyrus et d’autres jurats ainsi que les habitants. Le sieur de Barbanégre à dit que le jour d’hier il reçut de la part de messieurs les consuls d’Ibos et d’Ossun la lettre alarmante ci après :

Ossun le 6 août 1789. Messieurs, nous venons de recevoir une lettre de la part des consuls d’Ibos qui nous mande que cette nuit dernière la moitié de Vic et de Maubourguet ont été incendié et l’on présume que les incendieurs se sont peut être réfugiés dans les bois voisins. Il serait à propos que vous convoquassiez l’assemble pour tâcher de découvrir les malfaiteurs et pour s’unir à nos gens dans notre bois. Supplément en marge de la lettre: ayez la bonté d’avertir vos voisins. Le maire se rendit à l’hostel de ville et il ordonna au sonneur des clochers de sonner le tocsin extraordinairement pour assembler tous les habitants, ce qui fut exécuté, et dans le moment toute la ville se trouva assemblée au présent hostel de ville et d’après les mesures qui furent prises avec tous les citoyens pour la conservation de la sûreté publique, ledit sieur proposant fut chargé de prévenir toutes les villes et communautés du voisinage des nouvelles alarmantes que nous avions reçues, de se tenir sur les gardes et s’il était nécessaire de se réunir à nous offrant d’en faire de même en pareil cas et comme tous les habitants devaient se mettre sous les armes et la ville se trouvant totalement dépourvue de toute espèce de moyens de défense. Le dit sieur maire fut d’avis d’envoyer sur-le-champ un message à Pau et un autre à Lourdes en prenant la sorte s’il était besoin pour aller chercher la poudre et les balles nécessaires dans cette circonstance et comme le  moment était des plus dangereux, il ne fut pas possible de nous occuper des formes et règles pour les dépenses à faire mais que l’arrêté qui va suivre en tiendra lieu.

Au surplus, le dit sieur proposant trouverait à propos si la communauté le jugeait convenable vu les circonstances et pour prévenir toute surprise, tant de la part des brigands étrangers que des habitants mal intentionnés, qu’elle se format en corps de milice bourgeoise pour la sûreté et le soutien de la police et du bon ordre, sous le bon plaisir du roi et pour opérer cette dernière proposition et pour que tout se fasse dans l’ordre et dans l’harmonie. Que les habitants choisissent parmi leurs bons serviteurs et citoyens des personnes dignes de leur confiance, capable de les conduire.

En conséquence, toute la ville ici assemblée prenant en considération les circonstances, la détermination de se former en corps de milice bourgeoise sous la communauté à compter de ce jour et se formera en corps de milice sous le bon plaisir du roi et les habitants choisiront des citoyens capables de les bien conduire pour la sûreté publique, le soutien de la police et du bon ordre et toutes ces dépenses seront prises des revenus commun (4).

Source :

1) De la France au Béarn et Pays Basque Tome II de A. Etchart (page 12).

2) Glanages divers, N. Paradis-Cami.

3) Idem (page 40).

4) AM de la ville de Pontacq, délib. Du 7août 1789.

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Henry IV & Pontacq

dernière mise à jour: 25 janvier 2010

A l’occasion du 400ème anniversaire de l’assassinat d’Henry IV, nous avons pensé que si Pau a ses légendes et histoires, il serait bon que Pontacq fasse état d’une légende et d’un fait historique se rattachant à notre bon Roy.

Si par hasard vous découvrez un jour à proximité de la porte d’entrée de l’illustre maison d’Auture (actuel Centre de Long Séjour), une plaque commémorative qui mentionne « Ici faillit naître Henry IV, Jeanne d’Albret s’y étant reposée le 3 décembre 1553″ n’en soyez pas surpris. Nous devons cette légende à Gérard Gaston, alors Conseiller Général du canton de Pontacq (voir aussi l’article sur le général d’Auture dans le bulletin, Les Cahiers du Patrimoine en Ribère-Ousse n° 1).

La légende :

1553, Henry d’Albret gémissait depuis longtemps dans sa principauté de Béarn, accablé par la perte de la Basse-Navarre, que les Espagnols avaient annexée sous le règne de Ferdinand d’Aragon. Henry d’Albret espérait toujours pour prendre sa revanche et reprendre la Basse-Navarre, sur la valeur de ses descendants. Las, il n’avait qu’une fille, Jeanne d’Albret, qui mariée à Antoine de Bourbon, avait eu deux enfants, morts au berceau. Mais, un jour de l’an 1553, Jeanne d’Albret retirée en Picardie, lui manda qu’elle était enceinte. Aussitôt, Henry d’Albret lui écrivit de se rendre sans plus tarder à Pau. Alors Jeanne d’Albret, dont la santé ne fut jamais florissante, et malgré son état avancé, entreprit ce long voyage qui dura une quinzaine de jours et lui fit traverser presque toute la France avec les moyens de locomotion de cette époque, en empruntant des routes et des chemins, qui n’étaient ni goudronnés ni empierrés par endroits. Après avoir fait une halte à Odos, dans le superbe Château, cher à Marguerite de Navarre, sa mère, elle reprit la route vers Pau, la RN 117 n’existait point de ce temps là, l’intendant Mégret d’Etigny n’était pas encore né. Et la route d’Odos à Pontacq était dans un état des plus déplorables, ainsi que l’attestent les délibérations des jurats et députats. Pour si royal qu’était le carrosse, il n’en fut pas moins secoué, et le passage du gué de l’Ousse fut assez difficile au point que les douleurs saisirent Jeanne d’Albret. Aussitôt il fut décidé de faire halte chez noble d’Auture, qui fut par la suite un fervent huguenot.

Faut-il accorder un crédit total à cette tradition orale Pontacquaise ? Jeanne arriva à Pau, et « Nouste Henric»  naquit le 13 décembre, la brebis ayant enfanté d’un lion ainsi que s’écria Henry d’Albret, le grand père, pour rallier les Espagnols qui s’étaient moqués lors de la naissance de Jeanne, en disant « Miracle la vache a fait une brebis» , faisant allusion aux armes du Béarn.


La Plaque Commémorative de la maison d’Auture


Le fait historique :

Henry IV à Pontacq du 9 au 17 juillet 1584 :

Après l’entrevue qui avait eu lieu à Pamiers du 19 au 26 juin, le roi de Navarre subit les assauts d’Epernon. Henry n’est pas convaincu par les présentations qui lui sont faites relativement à l’impossibilité de régner dans laquelle le plaçait sa religion. Cette entrevue n’ayant pas aboutie, pour tenter de réparer ce premier échec d’Epernon essaie encore une tentative auprès du roi de Navarre. Elle a lieu à Pau, au début de juillet 1584. Henry va le recevoir à Pontacq, frontière de sa souveraineté.

En effet, c’est à Pontacq qu’Henry IV eut, pendant huit jours, des discussions prolongées avec le duc d’Epernon et le seigneur de Biron. Le but du séjour en Béarn de ces deux princes était de négocier avec le futur Henry IV, alors protestant, son retour au catholicisme. Je ne sais si l’un deux affirma « Paris vaut bien une messe» , toujours est-il que l’affaire avait bien été préparée à Pontacq et non à Nérac, où se retrouvèrent quelques jours après nos trois lascars. Ces journées coûtèrent fort cher à la cité qui hébergea Epernon (Monsieur bons offices) et Biron, elle fut endettée, car le duc d’Epernon avait une suite tapageuse qui profita largement de l’hospitalité Pontacquaise. Quant au futur Henry IV, c’est tous les jours qu’il rejoignit le château de Pau. Encore un exemple que notre Béarnais passait sa vie à cheval. Au final, l’envoyé du roi de France n’obtient qu’une très brillante réception, donnée en son honneur à Pau, dans l’ancienne forteresse de Gaston Phébus.

Il faut ajouter que Henry IV est venu à Pontacq sans doute depuis Coarraze, où il passa quelques années de son adolescence ou lors de quelques chevauchées en compagnie de Corisande d’Andoins.



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La Musique à Pontacq

dernière mise à jour: 20 décembre 2009
     Les Pontacquais ont toujours excellé et aimé la musique et le chant, déjà en 1534, il est convenu que Bernard deu Tisné enseignera les enfants « tant en moralitat que en science » mais on ajoute : – « et en chantreria ». Monsieur le Viconte Serrurier a publié ses contrat-là dans ses études sur l’instruction primaire en Béarn. En 1607, on reçoit comme Régent un certain, Maistre qui devra apprendre aux enfants la lecture, l’arithmétique et la musique, en 1611 et 1646 on a même un maître de musique spécial à qui on a promis un traitement régulier et on vote une somme de dix livres « pour lui donner courage ». C’est ainsi qu’à toutes les époques, le Pontacquais eut la passion innée et profonde de la musique et, avec cela, de l’oreille, de la voix et du style.
 
 Le Concours de Biarritz :
       En juillet 1893, la chorale de Pontacq dénommée à l’époque « l’Orphéon » participe au grand concours de Biarritz. Cette manifestation, placée sous le patronage de la municipalité de Biarritz avec le gracieux concours de la section musicale du vélo-club de Bayonne-Biarritz et la musique des enfants de Biarritz, classait la formation Pontacquaise 2° (médaille de vermeil) du concours d’exécution de 3° division ; cette chorale était dirigée par M. Bouzet oncle de Pierrot Bouzet.
 
Les Fanfares :
     En août 1896, à l’occasion des fêtes en l’honneur de l’inauguration de la statue du général Barbanègre, la musique militaire du 53° de Tarbes et les enfants d’Apollon de Pau animent la manifestation, mais dès le matin, la fanfare de Pontacq (Rallye Pontacq) avait le privilège d’accueillir et d’escorter les cortèges d’officiels vers la mairie. Ce même jour la fanfare de Pontacq exécuta l’hymne Russe.
 
Les Papillons :
      Ce fut qu’en 1912 que M. l’abbé Osanzs, nouveau vicaire de Pontacq, fit appel à Marius Cayrefourcq, pour créer une société musicale et à côté de Cayrefourcq paraissait immédiatement Jules Lacaze qui amenait ses frères pour en faire, avec les Peyret, les Gaston, les Castaing, les Tarbes, les Balettes Pape, les Lafontaine, les piliers de la nouvelle société.
En juillet 1912 avec 4 tambours et 8 clairons, bravant les regards de « pitié » des autres sociétés , les « Papillons » paraissaient à Pau pour la première fois. Ils y revenaient l’année suivante, plus courageux et plus respectés !! En 1914, quelque jours avant la déclaration de la guerre, ils assistent au concours interrégional de Dax et avec succès, tant au point de vue de la « musique » qu’au point de vue « gymnastique » donnaient à réfléchir aux sociétés les plus importantes.

 Papillons 72

 Les Papillons de Pontacq le 16 mai 1920

L’Avant-Garde :
      Le 1° septembre 1912, Monsieur Bignalet dépose les statuts d’une société musicale dénommée Fanfare de l’Ecole Laïque de Garçons, elle est rattachée à la société locale de tir dénommée « Avant Garde S.A.G. ». Son Président est Monsieur Fouriscot et son secrétaire Monsieur Esquerre.
Cette belle société s’éteignit avec la fin de la seconde guerre mondiale, mais que de souvenirs dans les yeux de nos grands parents et de nos parents, de cette époque heureuse ou Pontacq comptait deux sociétés musicales de renoms, l’Avant Garde et les Papillons, et que de chamailleries quand ces formations se croisaient à l’occasion de défilés, passe rues ou retraite aux flambeaux. Je me suis laissé même dire qu’il y avait eu quelques échanges de coups de clairons entre les membres de ces deux sociétés.
 
 
Avant Garde 72
 
L’Avant-Garde dans les années 1910

 

La Fanfare des Sapeurs-Pompiers :
      C’est vers la fin des années 1960 et début de années 1970, que Henri Frances dit Lamy avec l’aide Victor Mansieux, René Paradis, ex musicien de l’Harmonie des Papillons et ex musicien d’orchestre ainsi que d’autres anciens nostalgiques, mettent sur pied une fanfare qui se produit dans quelques manifestations renforcée d’Ossunois. Et c’est en janvier 1973 que commença la belle aventure et que « Los Bombéros » cette prestigieuse formation, vit le jour. Elle se produisit pour la première fois en juin de cette même année, à la Kermesse Paroissiale du Collège Saint Joseph.
Petit à petit, des musiciens de valeur, qui avaient joué auparavant à l’Harmonie des Papillons et avaient parfait leur formation musicale pendant leur service militaire, rejoignirent cette formation. Tel Ovide Castaing ex joueur et entraîneur de rugby, qui en mai 1947 à Mutzig rendit au clairon les honneurs aux Maréchaux Montgomery of Alamein et Jean de Lattre de Tassigny avec le 15-2 de Colmar puis le 8 mai 1948, avec le 23° de Strasbourg, à Paris, à la reine Elisabeth d’Angleterre en jouant « Au Champ » et « Au Drapeau ».
Après le concours de Villenave d’Ornon en mai 1980, ou la société s’illustra, elle obtint avec 55 exécutants, trois premiers prix, ainsi que le prix ascendant et la garde du drapeau fédéral, elle se présenta le 25 mai de la même année, au concours national de Tonneins ou elle s’illustre à nouveau devant cinquante sept sociétés.

 Bombéros a 72

 Los Bombéros au concours de Toneins le 25 mai 1980

En décembre 1980, la Presse parlait en termes élogieux du Directeur Musical 

 

L’HOMME DU JOUR

PARADIS RENE
Fondateur et Principal Animateur
De la Fanfare-Batterie
« LOS BOMBEROS » DE PONTACQ

      Pontacquais d’origine, 57 ans, marié, deux enfants, il est de cette génération qui a connu à Pontacq une ère de prospérité exceptionnelle pour les musiciens, avec plusieurs orchestres de danse, qui écumaient la région chaque dimanche.

     Musicien évidemment, c’est tout naturellement qu’il y a sept ans, il eut l’idée de remonter une batterie-fanfare recrutant les premiers éléments parmi les sapeurs-pompiers.

     Au risque de choquer sa modestie qui confine parfois à la timidité, force nous est à bien préciser qu’il est à la tête, comme directeur musical, de la Société de Pontacq qui fait l’unanimité parmi la population qui ne manque pas de lui prodiguer applaudissements et encouragements pécuniaires.
     En effet, cette batterie-fanfare avec bandas baptisée « Los Bombéros » (par notre compatriote le docteur Jean Caubet qui en fut également parmi les premiers animateurs) plus connue sous le nom de « Clique des Sapeurs –Pompiers » compte actuellement 75 exécutants avec une forte proportion d’adolescents formés par la Société.
    Une autre caractéristique de cette société c’est qu’elle voit une collaboration étroite de plusieurs générations (de 57 ans à 12 ans) dans un esprit de franche camaraderie, sous l’autorité paternelle d’un directeur musical qui ne ménage ni son temps, ni sa peine pour des résultats qui l’honorent comme on peut en juger :
 
Année 79-80
 
11 mai 1980 : Concours Fédéral de Villenave d’Ornon, trois premiers prix. Accès à la première division, premier prix de défilé et garde du drapeau fédéral pendant une année, trente trois sociétés participantes.
 
25 mai 1980 : Concours national de Tonneins : cinquante sept sociétés plus la Garde Républicaine à cheval comme musique d’honneur, trois premiers prix classés dans les quinze premiers.
 
1° juin 1980 une coupe au festival organisé à Bazas.
8 juin une coupe au festival de Catets.
 
     Précisons qu’en plus de ces épreuves musicales, la batterie-fanfare répond à de multiples invitations aux fêtes patronales des localités environnantes dont certains comités l’ont déjà retenue pour 1981.
     Et comme si tout lui était facile, René Paradis (qui tient à rendre hommage à la bienveillance du président d’honneur Gaston Caillabet et au président actif Victor Mansieus « au dévouement inlassable ») n’a jamais d’« histoire » et sa formation, ne fait parler d’elle qu’en termes flatteurs.
Nul doute que dimanche 30 novembre, fête de Sainte Cécile, elle n’obtienne encore un succès flatteur auprès de la population de Pontacq où semble renaître l’esprit mélomane qui a été longtemps une de ses caractéristiques.
 
                                                                                                                      M. RAPHIN
 

 

Les Orchestres :
     De tous temps, on a dansé le dimanche à Pontacq et surtout les dimanches d’été. De même que les Parisiens prenaient chaque dimanche le chemin des guinguettes au bord de la Marne, les Béarnais et Bigourdans ont pris celui des ombrages du bord de l’Ousse. Un vieux Pontacquais disait, il y a plusieurs décennies, qu’il n’y avait pas un habitant qui ne fasse pas partie d’une société de musique.
Pontacq comptait de nombreux orchestres, les plus réputés étaient les Chemises Jaunes, les Chemises Rouges, l’orchestre Deltieure, le Modern orchestre de F. Deltieure, les Pampéros, les Chemises Vertes, les Chemises Roses, les Chemises Grises, les Chemises Bleues, l’orchestre des Papillons, puis par la suite d’autres formations dans desquelles on trouvait toujours des Pontacquais virent le jour par la suite, c’était Florida, Rénato Louis, Alvaro, Benny Rol, Denis René et enfin cet orchestre de jeunes « les Diatonics ». Ces générations de musiciens Pontacquais ont fait la renommée de notre cité dans toute notre région et combien de jeunes et moins jeunes se sont liés d’amour au rythme des slows langoureux, ou des danses plus rythmées.

 Orchestres 72

Quelques orchestres Pontacquais

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La Ribère-Ousse

dernière mise à jour: 10 novembre 2009

Les recherches ont permis de déceler l’existence en Bigorre et en Béarn de communautés très anciennes. En Bigorre la communauté de « Riviereousse » (en un seul mot, sans accent ni trait d’union, selon l’usage des scribes de l’ancien temps) est mentionné dans des documents de l’an 1214.

En Bigorre :

Lamarque, Barlest et Loubajacq constituaient d’une façon certaine, la communauté de « Rivière-Ousse » en Bigorre, placée sous une sorte de tutelle de la ville de Lourdes. Les lieux d’Angosse, Saint-Germès, et Poueyferré, sans être membres à part entière de cette communauté, ont été associés à son histoire.

Pontacq, Ossun, Bartrés, Lourdes, Peyrouse, Saint-Pé, Montaut et Coarraze : lieux circonvoisins des précédents et concernés aussi par les problèmes de sécurité des biens et des personnes, de survie liés à la disponibilité et à la qualité de l’eau, et du bois des forêts (Bartrés, Mourle, Ossun) pour tous usages : feu pour chauffage et cuisine, outillage de la ferme, brouettes, chars, tombereaux, mobilier, etc…, entre autres intérêts communs.

Adé, lieu important sur le plan religieux (siège d’un Archiprêtré), vis-à-vis de certains des lieux cités plus haut.

 On notera que le village de Saint-Vincent n’a pas été nommé bien qu’il soit voisin du village de Lamarque-Pontacq ; En effet, ce village n’existe sous ce nom que depuis 1864. Auparavant, ses maisons ou fermes constituaient un hameau de Coarraze jusqu’en mars 1864, tandis qu’en Mai de cette même année Saint-Vincent était devenu une commune à part entière.

            A noter également qu’avant 1342, il existait l’archidiaconé de « La Rivière-Ousse » de l’évêché de Tarbes, archidiaconé dont faisait parti Pontacq.

En Béarn :

Nom donné à la plaine arrosée par l’Ousse.

Rivere-Osse, XIII°s (fors de Béarn, p.36) ;

En 1385, Eslourenties-Daban était une petite commune comprenant 7 feux (foyers) et ressortait du baillage de Pau. Ce village fut d’abord le chef -lieu de la notairie des Lannes et de Rivière-Ousse, puis, au XVIII° siècle, de la notairie des Lannes seule.

La notairie de las lanne et Rivere-Ossa (1538) ; réforme de Béarn B. 835 ; La notairie de Rivière-Ousse comprenait : Artigueloutan, Barzun, Espoey, Gomer, Hours, Lée, Livron, Louboey, Lucgarrier, Nousty, Ousse, Sendets, et Soumoulou. (Curieusement, Eslourenties-Daban n’est pas cité !)

Pontacq faisait parti de la Notairie de Rivière-Ousse et non pas de la communauté bigourdane portant ce nom.

      En 1342, Pontacq fut érigé en archiprêtré dépendant de l’évêché de Tarbes.

Dans tous les cas, il y a lieu de différencier Rivière et Ribère. La Ribère désigne la vallée.

 Voilà Pourquoi, nous avons baptisée notre association :   «Patrimoine en Ribère-Ousse»

 

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Les Guerres de Religion à Pontacq

dernière mise à jour: 1 décembre 2009

Nous n’allons pas ici reprendre l’historique des guerres de religions, cela serait trop long et fastidieux, mais simplement un résumé de l’épisode duquel ont été victimes nos ancêtres Pontacquais. Par la suite un article plus important sera consacré à cette période.

 

Guerres Religion 72Pendant  le siège de Pontacq

 

Fin du XVI° au début du XVII° siècle :    

      Le Béarn fut mis dès 1570 en état de défense pour prévenir toute action militaire française comme celle de 1569 ? De nombreuses escarmouches se produisirent aux frontières jusqu’en 1580 date à laquelle on décida de placer des garnisons dans les villes les plus importantes. Pontacq fut du nombre. Quand Villars envahit de nouveau le Béarn et la Navarre en 1592, il ne trouva que résistance et ne put le conquérir ni ramener le vieux culte.

     Pendant que Villars attaquait Lourdes, d’Imcamps le capitaine béarnais du château se repliâ sur Nay où se trouvaient les forces béarnaises. Comme le roi de Navarre successeur de Jeanne D’Albret, Henri III (le futur Henri IV) guerroyait dans le royaume de France, ce fut sa sœur la régente Catherine de Bourbon qui assuma la défense de façon remarquable d’ailleurs, favorisée par la résistance des armées béarnaise.

       Villars ne s’attarde pas devant Lourdes où il commence par échouer et marche en hâte vers le Béarn, c’est-à-dire sur Pontacq distant de onze kilomètres. Au bout de 6 jours, Pontacq fut obligé de capituler. L’armée assiégeante se logea dans le Barry, bourg  fortifié bien distinct du réduit défensif. Les Béarnais se trouvaient dans le « Castet»  (actuellement église; déjà à l’époque on n’utilisait plus les fortifications du Barry. Les occupants firent de gros dégâts dans la ville et la peste se déclara. Catherine de Bourbon ayant organisé une contre attaque, Villars se replia à la tête de son armée décimée par la maladie. Plus jamais après ces deux échecs 1569 et 1592, la France n’osa mener une action offensive dans les Pyrénées.

 

 La Fin du Protestantisme Pontacquais 1620/1690 :

 La Renaissance du culte catholique

     Il est probable qu’il fallut attendre à Pontacq l’édit de Louis XIII du 25 juin 1617 pour voir renaître le culte catholique. Cet édit n’eut pas d’effet immédiat.  C’est seulement le 20 décembre 1620 que deux conseillers du parlement, Dufour et Claverie vinrent à Pontacq et s’y rencontrèrent avec l’évêque de Tarbes. Ce dernier reprit solennellement possession de l’église St Laurent et du cimetière. Ceci ne changea d’ailleurs pas grand chose. IL ne faut pas en effet en conclure que les réformés étaient exclus de l’église. A Pontacq comme en maints endroits, les uns et les autres, eurent le co-usage de l’édifice avec un certain esprit de tolérance étonnant. L’église étant commune aux catholiques et aux protestants, on y sonnait les prêches et les offices sur les mêmes cloches.  Comme on enfreignait ainsi les ordres épiscopaux, un procès surgit. Une transaction s’ensuivit.Malgré tout, la religion réformée survivait et s’organisait. Les derniers pasteurs J de Toulouse, en 1614, Noë la Placette en 1645, Cassou d’Arudy 1550 revendiquèrent un temple pour leur fidèle. En 1622, la ville acheta un emplacement pour le construire; En 1630 il n’est pas terminé et on eut recours à divers expédients financiers. Le temple fut achevé vers 1645 – 1650 mais déjà le protestantisme était moribond à Pontacq.

 La fin du protestantisme

     En 1685, l’édit de Nantes fut révoqué et le culte réformé fut interdit à Pontacq et dans toutes les localités du Béarn excepté deux : Orthez et Pau. En moins de 15 jours, il se convertit plus de 5000 personnes dans tout le Béarn. En 1688, on parla de démolir le temple. A partir de cette époque, les abjurations se multiplièrent et la communauté protestante se réduisit considérablement. En 1629, la majorité des pontacquais sont protestants, en 1645 il y a encore 60 familles réformés de plus que de familles catholiques En 1671 les deux parties sont identiques. Dès 1690, il n’y a plus trace de protestants à Pontacq.

 La lutte contre la religion réformée au XVIIIème siècle

      Le temple fut détruit en 1688 sur ordre de Foucault alors que sous la menace 800 réformés se convertirent dès la fin du XVIIème siècle. En 1685; Il s’était déjà rendu à Pontacq en compagnie de l’évêque, de missionnaires et de quatre compagnies de Dragons. Après son passage, il ne resta plus que 8 ou 9 familles protestantes à Pontacq.

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Nos Moulins

dernière mise à jour: 21 janvier 2012

Moulins et Foulons à Pontacq

La nourriture des Hommes fut longtemps à base de céréales et de leur transformation en farine :

D’abord manuelle :

-   Une grande pierre plate servait à étaler les grains de blé que l’on frappait, pour les écraser, avec une petite pierre ronde.
-   Les broyeurs de pierre, mortiers oblongs où l’on écrasait les grains avec une molette de pierre mue à la main  dans la petite cavité
-   Le pilon : dans un bloc en bois creux on frappait les grains avec un pilon.

En Gaule, les moulins furent introduits lors de l’invasion romaine. Les romains ramenaient, probablement, cette invention d’Egypte : deux meules tournant l’une sur l’autre, actionnées par un manège avec un animal. Ils imaginèrent de les placer près des cours d’eau et ainsi de faire tourner les meules en utilisant la force du courant par l’intermédiaire de grosses roues.

Ce moulin à eau va connaître d’innombrables applications :

Scierie de bois et de pierre, foulons, moulin à papier, martinet à cuivre, à fer pour les clouteries, à salpêtre et soufre pour la fabrication de la poudre, tannerie, chaux, saboterie, chapelets, plâtre, forges…

A Pontacq :

Déjà, lors du recensement de Gaston Phébus en 1385, on trouvait à Pontacq un moulin, il était recensé comme suit : « lo moli apres Bertrand d’Estivayre» .

Le cadastre Napoléonien de 1838 précise l’emplacement de plusieurs moulins existant et certainement fonctionnant encore à cette date à Pontacq :

-        Sur l’Ousse :Bugnet 72

Sur cette riviére sont rencensés à cette époque (1838) pas moins de dix sept  moulins à farine, moulins à tan ou encore foulons.

-        Sur le Badé :

Toujours à la même époque sont recensés sur ce ruisseau trois moulins à farine.

-        Sur le ruisseau de la fontaine du Hourquet :

Sur ce ruisseau et toujours en 1838, est recensé un seul moulin à farine.

A la fin du XIX ème siècle on compte 10 moulins en fonctionnement encore sur l’Ousse à Pontacq.

Vous pourrez en savoir davantage sur ces moulins, en lisant le bulletin n° 1  (2008)

« Les Cahiers du Patrimoine en Ribère-Ousse» .

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Moulins et Foulons à Barzun

Dès le seizième siècle et jusqu’à la fin du vingtième, Barzun aura des moulins et des foulons. On peut en découvrir encore quelques-uns, d’autres sont en ruines ou n’ont plus de traces. Des noms de rues nous rappellent encore leurs existences, grâce au « cadastre napoléonien » (1838) nous allons les découvrir. Les rivières et ruisseaux qui leur fournissaient l’énergie motrice, étaient l’Ousse, l’Aussère, et le Sausse. Ces rivières, fournissaient l’énergie motrice aux 6 moulins que nous retrouvons sur la commune de Barzun.

-      Alimentés par l’Ousse :

Le moulin de Capsus ou moulin Pardimène (moulin à grain).

Le moulin de Capbat ou moulin Laborde (moulin à grain).Moulin Capsus 72

Le moulin à écorce ou foulon (dans un premier servait de foulon, puis par la suite de moulin à tan).

Le moulin du pont de la Palangue (probablement c’était un moulin à grain).

-     Alimenté par l’Aussère :

Le moulin à tan (comme le dit son nom servait à écraser l’écorce pour fabriquer la poudre de tan).

-     Alimenté par le Sausse :

Le moulin Souberbielle (moulin à grain).

Vous pourrez en savoir davantage sur ces moulins, en lisant le bulletin n° 2 (2009)

« Les Cahiers du Patrimoine en Ribère-Ousse» .

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Des moulins certainement ont été ignorés, oubliés ou mal identifiés, si vous êtes en possession d’informations sur le sujet, n’hésitez pas à prendre contact avec l’association « Patrimoine en Ribère-Ousse» . Toute information sera la bienvenue.

Pour en savoir plus sur les Moulins de La Vallée de l’Ousse :

- Les Moulins et Foulons de Pontacq en 1838 (dans les Cahiers du Patrimoine n° 1)
- Les Moulins de Barzun (dans les Cahiers du Patrimoine n° 2)
- Les Moulins d’Espoey (dans les Cahiers du patrimoine n° 3)

Lire la suite: Nos Moulins

L’Emigration

dernière mise à jour: 27 décembre 2016

Article Paru dans le Fil de l’Ousse n° 46 de décembre 2016


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Contexte de l’émigration :

Au cours des siècles, et dans nos contrées, nos ancêtres ont été amenés à plusieurs reprises à émigrer, et ce pour plusieurs raisons:

—    Géographiquement, nos contrées sont des terres de passage. De tous temps (y compris à l’époque romaine), elles ont été traversées par des convois de marchandises. Ainsi Basques, Béarnais et Bigourdans ont été initiés au commerce ce qui a favorisé les migrations.

—L’isolement géographique du Pays Basque, du Béarn et de la Bigorre a longtemps contribué au maintien d’un fond socio-culturel commun à toutes les Pyrénées. En effet jusque vers 1850, et l’apparition des premières lignes ferroviaires, les Basses et les Hautes-Pyrénées se trouvaient beaucoup plus isolées du reste de la France par le désert Landais, au Nord, qu’elle ne l’était, au Sud, par la montagne et la frontière avec l’Espagne.

—A cela, il faut rajouter les problèmes économiques et religieux, qui faisaient que certaines catégories d’habitants ne pouvaient plus vivre au Pays. Les ressources n’étaient pas suffisantes. Nous verrons qu’il y avait des causes spécifiquement régionales.

Tout d’abord, nous allons situer les trois courants d’émigrations qui ont marqué nos contrées :

Pourquoi émigrait-on ? :

- La Religion :

Une des premières raisons de l’émigration dans notre région fut la cause directe des guerres de Religion (les Huguenots). Ceux qui ne voulaient pas se convertir, quittèrent la France, et pour certains, devinrent des notabilités dans les pays d’adoption.

- La Pauvreté :

Le Béarn est une terre rurale. Les gens vivaient surtout de culture et d’élevage. Les épidémies, les guerres, les mauvaises récoltes à cause des intempéries ont aggravé la crise économique et la pauvreté déjà existante. La famine et la misère étaient générales en Béarn.

- La Conscription :

C’était un mode de recrutement des soldats après la Révolution. En 1798, la loi Jourdan fut votée : elle obligeait tous les jeunes gens à s’inscrire sur les listes de Conscription l’année de leurs 20 ans. Selon les nécessités de guerres, un certain nombre d’entre eux était enrôlé dans l’armée. Dans un 1er temps, le choix revenait aux élus municipaux puis vint le temps du tirage au sort. Les conditions de vie de soldat faisaient peur, la crainte étant majorée par un service militaire très long : 7 ans (réduit à 5 par la suite).

Les deux premières raisons étaient les plus importantes pour les flux migratoires de la moitié du XIXème au premier quart du XXème siècle.

Principaux Courants d’Emigration.


Note su l’émigration vers l’Espagne au Moyen âge :

Les recherches d’un étudiant Espagnol mettent en évidence la Population d’émigrés à Valence et dans sa région :

Dans les archives municipales de Valence, une série de livres appelés “Llibres d´Avehinaments”, dans lesquels sont inscrits tous les noms des forestiers qui demandaient le droit de jouir de certains privilèges pour devenir citoyen (à part entière) de la ville de Valence. Au cours de recherches, il a été trouvé un fait assez inédit dans l’histoire de Valence.
Entre les années 1550 et 1611 (période concernant  la recherche), il y est indiqué une grande quantité de personnes, avec des noms et prénoms, venant du « Royaume de France et de la Principauté de Béarn» .
Curieusement, beaucoup d’actes de naturalisation viennent accompagnés de la mention correspondante « dénaturalisation»  du lieu d’origine (la majorité du Béarn et de Bigorre, mais aussi du Gers et de l‘Agenais), écrits en langue occitane/gasconne. Dans un document de 1617, écrit par un voyageur français, il est dit que plus de 15.000 français vivent dans la ville de Valence. Étant donné que la population de la ville et de ses alentours était de 56.000 habitants; les « français»  composaient, plus de 25%  de la population totale.
Cet afflux (avalanche) de gascons ne concerna pas seulement Valence, mais aussi, nous avons la preuve documentée de l’arrivée de beaucoup de français dans plusieurs villages du « Royaume de Valence» .

Vers les Amériques :

Après l’épisode de l’émigration espagnole, la vague la plus importante, a eu pour destination « les Amériques»   au cours de la fin du XVIII°, pendant le XIX° et début du XX° siècles. Les années 1875-1890 ont marqué l’apogée de l’émigration béarnaise. Les terres de prédilection de nos ancêtres émigrants ont été principalement celles de l’Amérique latine avec l’Argentine, le Chili, l’Uruguay , puis Saint-Domingue et les îles des Caraïbes, le Mexique et l’Amérique du nord avec l’Acadie, la Louisiane et la Californie…. et évidemment le Canada. Bref, peu de pays américains ont échappé au débarquement de Béarnais.

Origine Régionale des émigrants Français en 1843 à Montévidéo :

Région Aquitaine et Midi-Pyrénées                                                      87%

Région du littoral atlantique (hors Bordeaux et Bayonne)                8%

Régions du littoral Méditerranéen                                                         3%

Région Centre                                                                                            2%

Synthèse des départements Pyrénéens :

Basses-Pyrénées (64)      65%

Hautes-Pyrénées (64)       12%

Ariège (09)                            2%

Gers, Landes et HG (limitrophes des départements pyrénéens)        5%

Et dans notre Vallée de l’Ousse :

Dans nos recherches sur ce sujet, nous voyons que pratiquement tous les villages de la vallée de l’Ousse, ont été touchés par ce phénomène  migratoire au XIX° et au début du XX° siècle.  Pour Pontacq nos premières recherches nous ont révélées le nombre important de 60 personnes partie pendant cette période. Pour les villages voisins de la vallée, le nombre est à peu près le même que pour la seule commune de Pontacq.

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A la Recherche de leurs Racines

Dernièrement, un jeune couple sympathique en voyage de noce, débarquait chez Mme. Raclet, rue Beauvais-Poque à Pontacq. Il Labuschagne 1 72s’agissait de François et de Lise Labuschagne en provenance d’Afrique du Sud et à la recherche de leur ancêtre, émigrant Huguenot du 18° siècle. François et Lise vivent à Bloemfontein (Fleur de fontaine en néerlandais), province d’Orange, au centre du pays et capitale du rugby sud-africain. Cette ville possède même une rue portant le nom de cette famille « Labuschagne Street» .

La famille, depuis son arrivée dans l’hémisphère sud et par le biais des alliances, s’est énormément agrandie, au point de compter plusieurs milliers de membres, parmi lesquels figurent ou ont figuré plusieurs joueurs de rugby célèbres dans des équipes de renommées, tels que les Springboks.

Une Initiative à Saluer :

Après quelques contacts pris par le Président de l’association du Patrimoine Pontacquais, le secrétaire et notre éminent historien Gérard Gaston accompagnés de Louis Ichouribéhére rendirent visite à nos jeunes mariés. Le mardi suivant, Gérard organisa, avec l’aide de la Municipalité et de quelques membres du Patrimoine en Ribère-Ousse, une petite réception conviviale dans les locaux de la Mairie, réception à laquelle était convié notre international Jean-Pierre Garuet qui souvent rencontra les Springboks. Au cours de cette réception nos Africanders surent reconnaître les vertus du Jurançon et promirent d’engager des recherches plus complètes sur l’histoire de leur famille et de nous les communiquer, mais surtout de revenir à Pontacq avec d’autres membres de leur famille. Un grand merci à nos interprètes de qualité Sophie ( fille de Marcel Cazala), et à Armand le Québécois, aux origines Salisiennes et ami de Mme. Raclet.

Un peu d’Histoire :

Il y a presque 300 ans que Pierre Labuschagne Huguenot Pontacquais aurait émigré vers l’Afrique du Sud dans la région du Cap. Marié à Anna Maria Bacat, ils eurent 3 enfants et furent à l’origine en 1723 de la construction d’une ferme construite selon le style hollandais qui fut baptisée « domaine de Pontac ». Peut être qu’il le baptisa le 5 août 1723 du nom de Pontac en l’honneur du marquis François de Pontac, avec qui sa famille était très liée. A noter que la famille de Pontac était originaire de notre commune au XI°. Le domaine à cette époque, s’étendait sur une superficie de 2 Morgan 6 roods and 5 feeds et était situé sous Paarl Rock.

Labuschagne 2 72

La propriété de Pontac peut être divisée en trois périodes principales :

Labuschagne                 1723 – 1817,    94 ans

-           Le Roux                           1817 – 1926,    109 ans

-           Van Niekerk                    1926 – 1993,    67 ans

La période Labuschagne :

Les Labuchagne ont reçu un terrain vierge qu’ils avaient à défricher et cultiver, ils y plantèrent des vignes et s’orientèrent vers la production viticole. Il est probable que l’aile arrière du manoir ait été le premier logis permanent bâti à Pontac. On peut partir du principe qu’il s’agissait d’une simple ferme construite selon le style hollandais du Cap avec un toit de chaume. En 1733, 8 morgan ont été ajoutés à la propriété.

Les Labuschagne n’ont jamais été riches et de leur temps n’avaient probablement pas plus d’un bâtiment sur leur terrain. Sous les périodes des Le Roux et des Van Niekerk, le domaine s’agrandit. Par la suite le déclin de cette propriété fit que vers les années 1990 toutes les vignes furent vendues et remplacées par des maisons, tout ce qui demeurait de ce magnifique domaine était le manoir décrépi, les caves à vin et un nombre de bâtiments annexes. Actuellement, la propriété a été reconvertie en hôtel de luxe et porte toujours le nom de « Pontacq Manor» .

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Les Moulins de la Vallée

dernière mise à jour: 29 novembre 2009

Dans le Tableau ci-dessous, sont répertoriés les autres moulins de la vallée.

 

Commune

Nom du Moulin

Rivière

ESPOEY Moulin de Chouramil L’Ousse
  Moulin de Padis (scie) L’Ousse
  Moulin de Pener (scie) L’Ousse
  Moulin Cazassus-Hourcade L’Ousse
  Moulin Barrère L’Ousse
  Moulin Pélissié + (Foulon) L’Ousse
  Moulin Prat L’Ousse
  Moulin Planté L’Ousse
HOURS Moulin Larbiouze L’Ourou
  Moulin Abadie L’Ourou
LABATMALE    
  Moulin de Bassat L’Ourou
  Moulin de Touya L’Ourou
  Moulin de Garuet L’Ourou
  Moulin de Lafond Puyo L’Ourou
LAMARQUE Moulin de Quidarré Le Luc
  Moulin de Passet Le Luc
  Le Moulin Le Luc
  Moulin de Pyerès Le Luc
  Moulin de Pitarre Le Luc
  Moulin de Couillet Le Luc
  La Sare L’Ousse
  Moulin de Tourrilou (n°1) L’Ousse
  Moulin de Tourrilou L’Ousse
  Moulin Maourrau (dit Crampè) L’Ousse
  Moulin Mongoy (Tan) Galliot
  Tourrilou (huile) ?
LIVRON Moulin de Bourbon L’Ousse
  Le Moulin (Ancien m. banal) L’Ousse
  Moulin de Paysaa + (scie) L’Ousse
  Moulin de Régent L’Ousse
  Moulin de Poulet (huile) L’Oussère
LUCGARIER Moulin Castaing L’Ourou

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Les Marchands Pontacquais

dernière mise à jour: 6 décembre 2009

     Le commerce à Pontacq est une activité marchande très ancienne. Si l’activité de marchands de capes est au XVII° et XVIII° siècles, synonyme d’aisance, nous nous apercevons que les marchands existaient bien avant, comme ces marchands de laine de Pontacq, venant d’Oloron et se rendant à Toulouse, dans la première moitié du XV° siècle qui sont rançonnés, sur les landes de Garue, de la moitié de leur chargement de laine d’Aragon, par les hommes de main du seigneur de Coarraze « Gaston de Foix» . On voit que dans cette période là, ces marchands ont des difficultés de transports et ne profitent pas toujours, bien au contraire, des Privilèges obtenus par la ville de Pontacq auprès d’Archambault de Foix.

 On voit dans les deux cas ci-dessous les difficultés que pouvaient rencontrer nos marchands :

     En 1655, le seigneur d’Ossun qui, pour une cause inconnue, arrête et fait conduire à son château d’Ossun deux chars de capes qu’un marchand de Pontacq conduit à la foire de Saint-Girons.

     En 1644, la marquise de Catelbayacq fait saisir sur deux habitants de Pontacq allant à Mauvezin, deux chevaux et 14 capes, sous prétexte qu’une femme d’Astugue a été tuée à Pontacq et que certains habitants en ont été « décrétés ».

     Patrice Poujade dans son ouvrage sur la Mobilité Marchande met en évidence l’importance des Marchands Béarnais de Pontacq dans le Commerce des Capes vers la Péninsule Ibérique (Catalogne). Il souligne l’importance de ces marchands qui détiennent jusqu’au début du XIX° siècle la plus grande partie de ce commerce qui transite par le Comminges et l’Andorre. Il en a répertorié pas moins de 17 dans les minutes notariales de Tarascon. Parmi ces marchands, on trouve en 1813, Pierre Poque qui a établi deux magasins, un à Tarascon et l’autre à Saint Girons.

     D’autres marchands, comme les Barbanègre, les Auture, les Bidot-Naude, les Capdevielle, les Rey et bien sûr les Casamajor, ont eux d’autres circuits : Barbanègre exerce son activité avec l’Espagne, en partie par le Somport, Casamajor lui, est établi en Espagne à (Lerrana) et transite directement par Bordeaux, il importe surtout des grosses quantités de laine, On voit un Capdevielle (certainement Isaac) qui a un commerce très important. Voilà ce qu’en dit l’inspecteur Lagenière en 1768 :  « Le développement manufacturier du bourg de Pontacq est aussi notable (que celui de Nay) ; les vêtements grossiers connus sous le nom de capes, qu’on y coupe et vend toutes faites, ont désormais un débit considérable, non seulement dans la région, mais encore dans les foires principales du Languedoc et de la Guyenne. L’inspecteur Lagenière note, qu’il a connu un négociant de Pontacq, nommé Capdevielle, qui en achetoit annuellement, lui seul, pour environ 25.000 écus. Depuis sa mort, ce commerce s’est partagé entre un nombre infini de négociants, qui consomment ces marchandises du côté de Bordeaux, Toulouse, Tarascon, Saint-Girons et dans la plus part des villes de la Bigorre et du Béarn ».

      D’autres marchands, négocient avec Saint-Domingue ou les Etats-Unis, voici ce qu’en dit Jean Gratian de Laussat dans ses « Extraits de Mélanges Historiques» .

« Ils y sont encore davantage très industrieux et très commerçants. On y fabrique, en laines grossières du pays ou du moins estimées des confins de l’Espagne, des draps ou cadis, des manteaux à capuchon, connus sous le nom de capes, des bonnets ou berrets dont en Béarn, Soule, Navarre et Labourt, les paysans se servent, au lieu de chapeaux. On y fabrique, aussi continuellement, des couvertures de lit » .

« On ne débite guère de ces articles que dans les provinces, que j’ai nommées, et dans la Bigorre et le Nébouzan. Je dois excepter l’époque où les Anglais de l’Amérique septentrionale, formés, aujourd’hui, en corps de peuple indépendant, sous le nom des 13 Etats-Unis, furent en guerre avec leur métropole. Je me rappelle que durant le cours de cette mémorable révolution, le produit des manufactures de Pontacq eut chès eux une grande vogue et qu’on ne pouvait suffire aux demandes » .

« Je crois que depuis la paix, qui a ouvert tant d’autres portes du même genre avec liberté et sureté, Pontac a du fermer la sienne avec ce pays là . Son travail est néanmoins, assès avancé» .

« Presque tous les habitans, dans quelque classe qu’on les prenne, ont de l’aisance. Il y en a de riches, non seulement à raison de leur négoce, mais même comme rentiers et cultivateurs. Ce territoire a, pour les grains, et encore plus, pour les fourrages, des fonds excellents. . . . » 

 

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Le Fait de Lourdes :

Conférence de J.F. Soulet, à la salle de spectacle de la mairie de Pontacq, le samedi 21 octobre prochain à 20h30. Entrée libre, l'auteur dédicacera son ouvrage.

L'Assemblée Générale de Ribère-Ousse :

Aura lieu le samedi 18 novembre prochain à 18h00, salle de réunion de l'Espace JC Hauret.

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