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Les Marchands Pontacquais

dernière mise à jour: 6 décembre 2009

     Le commerce à Pontacq est une activité marchande très ancienne. Si l’activité de marchands de capes est au XVII° et XVIII° siècles, synonyme d’aisance, nous nous apercevons que les marchands existaient bien avant, comme ces marchands de laine de Pontacq, venant d’Oloron et se rendant à Toulouse, dans la première moitié du XV° siècle qui sont rançonnés, sur les landes de Garue, de la moitié de leur chargement de laine d’Aragon, par les hommes de main du seigneur de Coarraze « Gaston de Foix» . On voit que dans cette période là, ces marchands ont des difficultés de transports et ne profitent pas toujours, bien au contraire, des Privilèges obtenus par la ville de Pontacq auprès d’Archambault de Foix.

 On voit dans les deux cas ci-dessous les difficultés que pouvaient rencontrer nos marchands :

     En 1655, le seigneur d’Ossun qui, pour une cause inconnue, arrête et fait conduire à son château d’Ossun deux chars de capes qu’un marchand de Pontacq conduit à la foire de Saint-Girons.

     En 1644, la marquise de Catelbayacq fait saisir sur deux habitants de Pontacq allant à Mauvezin, deux chevaux et 14 capes, sous prétexte qu’une femme d’Astugue a été tuée à Pontacq et que certains habitants en ont été « décrétés ».

     Patrice Poujade dans son ouvrage sur la Mobilité Marchande met en évidence l’importance des Marchands Béarnais de Pontacq dans le Commerce des Capes vers la Péninsule Ibérique (Catalogne). Il souligne l’importance de ces marchands qui détiennent jusqu’au début du XIX° siècle la plus grande partie de ce commerce qui transite par le Comminges et l’Andorre. Il en a répertorié pas moins de 17 dans les minutes notariales de Tarascon. Parmi ces marchands, on trouve en 1813, Pierre Poque qui a établi deux magasins, un à Tarascon et l’autre à Saint Girons.

     D’autres marchands, comme les Barbanègre, les Auture, les Bidot-Naude, les Capdevielle, les Rey et bien sûr les Casamajor, ont eux d’autres circuits : Barbanègre exerce son activité avec l’Espagne, en partie par le Somport, Casamajor lui, est établi en Espagne à (Lerrana) et transite directement par Bordeaux, il importe surtout des grosses quantités de laine, On voit un Capdevielle (certainement Isaac) qui a un commerce très important. Voilà ce qu’en dit l’inspecteur Lagenière en 1768 :  « Le développement manufacturier du bourg de Pontacq est aussi notable (que celui de Nay) ; les vêtements grossiers connus sous le nom de capes, qu’on y coupe et vend toutes faites, ont désormais un débit considérable, non seulement dans la région, mais encore dans les foires principales du Languedoc et de la Guyenne. L’inspecteur Lagenière note, qu’il a connu un négociant de Pontacq, nommé Capdevielle, qui en achetoit annuellement, lui seul, pour environ 25.000 écus. Depuis sa mort, ce commerce s’est partagé entre un nombre infini de négociants, qui consomment ces marchandises du côté de Bordeaux, Toulouse, Tarascon, Saint-Girons et dans la plus part des villes de la Bigorre et du Béarn ».

      D’autres marchands, négocient avec Saint-Domingue ou les Etats-Unis, voici ce qu’en dit Jean Gratian de Laussat dans ses « Extraits de Mélanges Historiques» .

« Ils y sont encore davantage très industrieux et très commerçants. On y fabrique, en laines grossières du pays ou du moins estimées des confins de l’Espagne, des draps ou cadis, des manteaux à capuchon, connus sous le nom de capes, des bonnets ou berrets dont en Béarn, Soule, Navarre et Labourt, les paysans se servent, au lieu de chapeaux. On y fabrique, aussi continuellement, des couvertures de lit » .

« On ne débite guère de ces articles que dans les provinces, que j’ai nommées, et dans la Bigorre et le Nébouzan. Je dois excepter l’époque où les Anglais de l’Amérique septentrionale, formés, aujourd’hui, en corps de peuple indépendant, sous le nom des 13 Etats-Unis, furent en guerre avec leur métropole. Je me rappelle que durant le cours de cette mémorable révolution, le produit des manufactures de Pontacq eut chès eux une grande vogue et qu’on ne pouvait suffire aux demandes » .

« Je crois que depuis la paix, qui a ouvert tant d’autres portes du même genre avec liberté et sureté, Pontac a du fermer la sienne avec ce pays là . Son travail est néanmoins, assès avancé» .

« Presque tous les habitans, dans quelque classe qu’on les prenne, ont de l’aisance. Il y en a de riches, non seulement à raison de leur négoce, mais même comme rentiers et cultivateurs. Ce territoire a, pour les grains, et encore plus, pour les fourrages, des fonds excellents. . . . » 

 

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Un nouvel article sur les transports au XIX° et XX° siècles :

Dans la page Patrimoine du Fil de l'Ousse n° 47

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