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Henry IV & Pontacq

dernière mise à jour: 25 janvier 2010

A l’occasion du 400ème anniversaire de l’assassinat d’Henry IV, nous avons pensé que si Pau a ses légendes et histoires, il serait bon que Pontacq fasse état d’une légende et d’un fait historique se rattachant à notre bon Roy.

Si par hasard vous découvrez un jour à proximité de la porte d’entrée de l’illustre maison d’Auture (actuel Centre de Long Séjour), une plaque commémorative qui mentionne « Ici faillit naître Henry IV, Jeanne d’Albret s’y étant reposée le 3 décembre 1553″ n’en soyez pas surpris. Nous devons cette légende à Gérard Gaston, alors Conseiller Général du canton de Pontacq (voir aussi l’article sur le général d’Auture dans le bulletin, Les Cahiers du Patrimoine en Ribère-Ousse n° 1).

La légende :

1553, Henry d’Albret gémissait depuis longtemps dans sa principauté de Béarn, accablé par la perte de la Basse-Navarre, que les Espagnols avaient annexée sous le règne de Ferdinand d’Aragon. Henry d’Albret espérait toujours pour prendre sa revanche et reprendre la Basse-Navarre, sur la valeur de ses descendants. Las, il n’avait qu’une fille, Jeanne d’Albret, qui mariée à Antoine de Bourbon, avait eu deux enfants, morts au berceau. Mais, un jour de l’an 1553, Jeanne d’Albret retirée en Picardie, lui manda qu’elle était enceinte. Aussitôt, Henry d’Albret lui écrivit de se rendre sans plus tarder à Pau. Alors Jeanne d’Albret, dont la santé ne fut jamais florissante, et malgré son état avancé, entreprit ce long voyage qui dura une quinzaine de jours et lui fit traverser presque toute la France avec les moyens de locomotion de cette époque, en empruntant des routes et des chemins, qui n’étaient ni goudronnés ni empierrés par endroits. Après avoir fait une halte à Odos, dans le superbe Château, cher à Marguerite de Navarre, sa mère, elle reprit la route vers Pau, la RN 117 n’existait point de ce temps là, l’intendant Mégret d’Etigny n’était pas encore né. Et la route d’Odos à Pontacq était dans un état des plus déplorables, ainsi que l’attestent les délibérations des jurats et députats. Pour si royal qu’était le carrosse, il n’en fut pas moins secoué, et le passage du gué de l’Ousse fut assez difficile au point que les douleurs saisirent Jeanne d’Albret. Aussitôt il fut décidé de faire halte chez noble d’Auture, qui fut par la suite un fervent huguenot.

Faut-il accorder un crédit total à cette tradition orale Pontacquaise ? Jeanne arriva à Pau, et « Nouste Henric»  naquit le 13 décembre, la brebis ayant enfanté d’un lion ainsi que s’écria Henry d’Albret, le grand père, pour rallier les Espagnols qui s’étaient moqués lors de la naissance de Jeanne, en disant « Miracle la vache a fait une brebis» , faisant allusion aux armes du Béarn.


La Plaque Commémorative de la maison d’Auture


Le fait historique :

Henry IV à Pontacq du 9 au 17 juillet 1584 :

Après l’entrevue qui avait eu lieu à Pamiers du 19 au 26 juin, le roi de Navarre subit les assauts d’Epernon. Henry n’est pas convaincu par les présentations qui lui sont faites relativement à l’impossibilité de régner dans laquelle le plaçait sa religion. Cette entrevue n’ayant pas aboutie, pour tenter de réparer ce premier échec d’Epernon essaie encore une tentative auprès du roi de Navarre. Elle a lieu à Pau, au début de juillet 1584. Henry va le recevoir à Pontacq, frontière de sa souveraineté.

En effet, c’est à Pontacq qu’Henry IV eut, pendant huit jours, des discussions prolongées avec le duc d’Epernon et le seigneur de Biron. Le but du séjour en Béarn de ces deux princes était de négocier avec le futur Henry IV, alors protestant, son retour au catholicisme. Je ne sais si l’un deux affirma « Paris vaut bien une messe» , toujours est-il que l’affaire avait bien été préparée à Pontacq et non à Nérac, où se retrouvèrent quelques jours après nos trois lascars. Ces journées coûtèrent fort cher à la cité qui hébergea Epernon (Monsieur bons offices) et Biron, elle fut endettée, car le duc d’Epernon avait une suite tapageuse qui profita largement de l’hospitalité Pontacquaise. Quant au futur Henry IV, c’est tous les jours qu’il rejoignit le château de Pau. Encore un exemple que notre Béarnais passait sa vie à cheval. Au final, l’envoyé du roi de France n’obtient qu’une très brillante réception, donnée en son honneur à Pau, dans l’ancienne forteresse de Gaston Phébus.

Il faut ajouter que Henry IV est venu à Pontacq sans doute depuis Coarraze, où il passa quelques années de son adolescence ou lors de quelques chevauchées en compagnie de Corisande d’Andoins.



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Un nouvel article sur les transports au XIX° et XX° siècles :

Dans la page Patrimoine du Fil de l'Ousse n° 47

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Aura lieu le jeudi 31 août prochain à 20h30

A la salle de réunion de l'Espace JC Hauret

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