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L’Emigration

dernière mise à jour: 27 décembre 2016

Article Paru dans le Fil de l’Ousse n° 46 de décembre 2016


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Contexte de l’émigration :

Au cours des siècles, et dans nos contrées, nos ancêtres ont été amenés à plusieurs reprises à émigrer, et ce pour plusieurs raisons:

—    Géographiquement, nos contrées sont des terres de passage. De tous temps (y compris à l’époque romaine), elles ont été traversées par des convois de marchandises. Ainsi Basques, Béarnais et Bigourdans ont été initiés au commerce ce qui a favorisé les migrations.

—L’isolement géographique du Pays Basque, du Béarn et de la Bigorre a longtemps contribué au maintien d’un fond socio-culturel commun à toutes les Pyrénées. En effet jusque vers 1850, et l’apparition des premières lignes ferroviaires, les Basses et les Hautes-Pyrénées se trouvaient beaucoup plus isolées du reste de la France par le désert Landais, au Nord, qu’elle ne l’était, au Sud, par la montagne et la frontière avec l’Espagne.

—A cela, il faut rajouter les problèmes économiques et religieux, qui faisaient que certaines catégories d’habitants ne pouvaient plus vivre au Pays. Les ressources n’étaient pas suffisantes. Nous verrons qu’il y avait des causes spécifiquement régionales.

Tout d’abord, nous allons situer les trois courants d’émigrations qui ont marqué nos contrées :

Pourquoi émigrait-on ? :

- La Religion :

Une des premières raisons de l’émigration dans notre région fut la cause directe des guerres de Religion (les Huguenots). Ceux qui ne voulaient pas se convertir, quittèrent la France, et pour certains, devinrent des notabilités dans les pays d’adoption.

- La Pauvreté :

Le Béarn est une terre rurale. Les gens vivaient surtout de culture et d’élevage. Les épidémies, les guerres, les mauvaises récoltes à cause des intempéries ont aggravé la crise économique et la pauvreté déjà existante. La famine et la misère étaient générales en Béarn.

- La Conscription :

C’était un mode de recrutement des soldats après la Révolution. En 1798, la loi Jourdan fut votée : elle obligeait tous les jeunes gens à s’inscrire sur les listes de Conscription l’année de leurs 20 ans. Selon les nécessités de guerres, un certain nombre d’entre eux était enrôlé dans l’armée. Dans un 1er temps, le choix revenait aux élus municipaux puis vint le temps du tirage au sort. Les conditions de vie de soldat faisaient peur, la crainte étant majorée par un service militaire très long : 7 ans (réduit à 5 par la suite).

Les deux premières raisons étaient les plus importantes pour les flux migratoires de la moitié du XIXème au premier quart du XXème siècle.

Principaux Courants d’Emigration.


Note su l’émigration vers l’Espagne au Moyen âge :

Les recherches d’un étudiant Espagnol mettent en évidence la Population d’émigrés à Valence et dans sa région :

Dans les archives municipales de Valence, une série de livres appelés “Llibres d´Avehinaments”, dans lesquels sont inscrits tous les noms des forestiers qui demandaient le droit de jouir de certains privilèges pour devenir citoyen (à part entière) de la ville de Valence. Au cours de recherches, il a été trouvé un fait assez inédit dans l’histoire de Valence.
Entre les années 1550 et 1611 (période concernant  la recherche), il y est indiqué une grande quantité de personnes, avec des noms et prénoms, venant du « Royaume de France et de la Principauté de Béarn» .
Curieusement, beaucoup d’actes de naturalisation viennent accompagnés de la mention correspondante « dénaturalisation»  du lieu d’origine (la majorité du Béarn et de Bigorre, mais aussi du Gers et de l‘Agenais), écrits en langue occitane/gasconne. Dans un document de 1617, écrit par un voyageur français, il est dit que plus de 15.000 français vivent dans la ville de Valence. Étant donné que la population de la ville et de ses alentours était de 56.000 habitants; les « français»  composaient, plus de 25%  de la population totale.
Cet afflux (avalanche) de gascons ne concerna pas seulement Valence, mais aussi, nous avons la preuve documentée de l’arrivée de beaucoup de français dans plusieurs villages du « Royaume de Valence» .

Vers les Amériques :

Après l’épisode de l’émigration espagnole, la vague la plus importante, a eu pour destination « les Amériques»   au cours de la fin du XVIII°, pendant le XIX° et début du XX° siècles. Les années 1875-1890 ont marqué l’apogée de l’émigration béarnaise. Les terres de prédilection de nos ancêtres émigrants ont été principalement celles de l’Amérique latine avec l’Argentine, le Chili, l’Uruguay , puis Saint-Domingue et les îles des Caraïbes, le Mexique et l’Amérique du nord avec l’Acadie, la Louisiane et la Californie…. et évidemment le Canada. Bref, peu de pays américains ont échappé au débarquement de Béarnais.

Origine Régionale des émigrants Français en 1843 à Montévidéo :

Région Aquitaine et Midi-Pyrénées                                                      87%

Région du littoral atlantique (hors Bordeaux et Bayonne)                8%

Régions du littoral Méditerranéen                                                         3%

Région Centre                                                                                            2%

Synthèse des départements Pyrénéens :

Basses-Pyrénées (64)      65%

Hautes-Pyrénées (64)       12%

Ariège (09)                            2%

Gers, Landes et HG (limitrophes des départements pyrénéens)        5%

Et dans notre Vallée de l’Ousse :

Dans nos recherches sur ce sujet, nous voyons que pratiquement tous les villages de la vallée de l’Ousse, ont été touchés par ce phénomène  migratoire au XIX° et au début du XX° siècle.  Pour Pontacq nos premières recherches nous ont révélées le nombre important de 60 personnes partie pendant cette période. Pour les villages voisins de la vallée, le nombre est à peu près le même que pour la seule commune de Pontacq.

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A la Recherche de leurs Racines

Dernièrement, un jeune couple sympathique en voyage de noce, débarquait chez Mme. Raclet, rue Beauvais-Poque à Pontacq. Il Labuschagne 1 72s’agissait de François et de Lise Labuschagne en provenance d’Afrique du Sud et à la recherche de leur ancêtre, émigrant Huguenot du 18° siècle. François et Lise vivent à Bloemfontein (Fleur de fontaine en néerlandais), province d’Orange, au centre du pays et capitale du rugby sud-africain. Cette ville possède même une rue portant le nom de cette famille « Labuschagne Street» .

La famille, depuis son arrivée dans l’hémisphère sud et par le biais des alliances, s’est énormément agrandie, au point de compter plusieurs milliers de membres, parmi lesquels figurent ou ont figuré plusieurs joueurs de rugby célèbres dans des équipes de renommées, tels que les Springboks.

Une Initiative à Saluer :

Après quelques contacts pris par le Président de l’association du Patrimoine Pontacquais, le secrétaire et notre éminent historien Gérard Gaston accompagnés de Louis Ichouribéhére rendirent visite à nos jeunes mariés. Le mardi suivant, Gérard organisa, avec l’aide de la Municipalité et de quelques membres du Patrimoine en Ribère-Ousse, une petite réception conviviale dans les locaux de la Mairie, réception à laquelle était convié notre international Jean-Pierre Garuet qui souvent rencontra les Springboks. Au cours de cette réception nos Africanders surent reconnaître les vertus du Jurançon et promirent d’engager des recherches plus complètes sur l’histoire de leur famille et de nous les communiquer, mais surtout de revenir à Pontacq avec d’autres membres de leur famille. Un grand merci à nos interprètes de qualité Sophie ( fille de Marcel Cazala), et à Armand le Québécois, aux origines Salisiennes et ami de Mme. Raclet.

Un peu d’Histoire :

Il y a presque 300 ans que Pierre Labuschagne Huguenot Pontacquais aurait émigré vers l’Afrique du Sud dans la région du Cap. Marié à Anna Maria Bacat, ils eurent 3 enfants et furent à l’origine en 1723 de la construction d’une ferme construite selon le style hollandais qui fut baptisée « domaine de Pontac ». Peut être qu’il le baptisa le 5 août 1723 du nom de Pontac en l’honneur du marquis François de Pontac, avec qui sa famille était très liée. A noter que la famille de Pontac était originaire de notre commune au XI°. Le domaine à cette époque, s’étendait sur une superficie de 2 Morgan 6 roods and 5 feeds et était situé sous Paarl Rock.

Labuschagne 2 72

La propriété de Pontac peut être divisée en trois périodes principales :

Labuschagne                 1723 – 1817,    94 ans

-           Le Roux                           1817 – 1926,    109 ans

-           Van Niekerk                    1926 – 1993,    67 ans

La période Labuschagne :

Les Labuchagne ont reçu un terrain vierge qu’ils avaient à défricher et cultiver, ils y plantèrent des vignes et s’orientèrent vers la production viticole. Il est probable que l’aile arrière du manoir ait été le premier logis permanent bâti à Pontac. On peut partir du principe qu’il s’agissait d’une simple ferme construite selon le style hollandais du Cap avec un toit de chaume. En 1733, 8 morgan ont été ajoutés à la propriété.

Les Labuschagne n’ont jamais été riches et de leur temps n’avaient probablement pas plus d’un bâtiment sur leur terrain. Sous les périodes des Le Roux et des Van Niekerk, le domaine s’agrandit. Par la suite le déclin de cette propriété fit que vers les années 1990 toutes les vignes furent vendues et remplacées par des maisons, tout ce qui demeurait de ce magnifique domaine était le manoir décrépi, les caves à vin et un nombre de bâtiments annexes. Actuellement, la propriété a été reconvertie en hôtel de luxe et porte toujours le nom de « Pontacq Manor» .

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Le Fait de Lourdes :

Conférence de J.F. Soulet, à la salle de spectacle de la mairie de Pontacq, le samedi 21 octobre prochain à 20h30. Entrée libre, l'auteur dédicacera son ouvrage.

L'Assemblée Générale de Ribère-Ousse :

Aura lieu le samedi 18 novembre prochain à 18h00, salle de réunion de l'Espace JC Hauret.

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