Le site de l'association "Patrimoine en Ribère-Ousse"

Bicentenaire de la Reddition d’Huningue

dernière mise à jour: 31 octobre 2015

Le 20 septembre par un beau dimanche ensoleillé et devant une foule nombreuse a été commémoré le Bicentenaire de la Reddition d’Huningue. La municipalité Pontacquaise et l’association Patrimoine en Ribère-Ousse, travaillaient conjointement à son organisation depuis plusieurs mois.

Plusieurs manifestations, sur six sites différents, ont retracé au cours de la matinée le fait héroïque du général baron d’Empire Joseph Barbanègre, enfant de notre commune (1772-1830).

Tout d’abord à 8h30, la Municipalité, l’association Patrimoine en Ribère-Ousse et les reconstitueurs du 3ème bataillon des Chasseurs de montagne des Basses-Pyrénées se sont donnés rendez-vous au cimetière.

Une cinquantaine de personnes ont écouté Monsieur Michel Guillet évoquer succinctement la vie des frères Barbanègre, militaires et dont un des trois, Jean, fut tué à Iéna en 1806. Au cours de cette cérémonie, une gerbe fut déposée par les officiers du 3ème bataillon des Chasseurs de Montagne, la Marseillaise fut entonnée par la totalité de l’assistance.

Les honneurs furent rendus par le 3ème bataillon des Chasseurs de montagne et une salve d’honneur fut tirée.

Puis c’est en un long défilé rythmé par le son du tambour que le 3ème bataillon des Chasseurs de montagne, les anciens combattants, la garde d’honneur du drapeau des sapeurs-pompiers, les membres de la municipalité et ceux de l’association Patrimoine en Ribère-Ousse se dirigèrent vers l’église. Le défilé était clôturé par de nombreux curieux matinaux qui avaient assisté à la cérémonie.

A l’arrivée du défilé, devant l’église se pressaient déjà de nombreuses personnes. La cérémonie ayant pris un peu d’avance, le temps libre fut mis à profit pour des présentations. Déjà l’église se remplissait peu à peu, la chorale Ousse-Bigorre, en place profita de ce temps mort pour quelques mises au point de son répertoire. La messe solennelle fut dite par M. Jean Carrazé, curé de Pontacq et le Père Georges Laborde-Barbanègre. Très belle messe chantée et une nombreuse assistance de fidèles.

A la fin de l’office, le cœur d’hommes formé en partie de la chorale Ousse-Bigorre et pour l’autre partie de Pontacquais attachés à leur commune et à son passé, firent résonner le chant « A Barbanègre» , stances patriotiques pour lesquelles ils avaient répété depuis de nombreuses semaines. Ce chant a été chanté la première fois à l’occasion de l’inauguration de la Statue du général Joseph Barbanègre le 16 août 1896 par M.M. Petron et Lagarde et les Enfants d’Apollon de Pau, accompagnés par la musique militaire du 53ème régiment de ligne de Tarbes. La poésie est d’Hilarion Barthéty et la musique de Paul Chabeaux. Elle avait été éditée en 1901 par Noël Blanc éditeur de musique à Paris et ami de Paul, Pierre et Charles Laborde-Barbanègre descendants du général par sa sœur Catherine. Plusieurs mois avaient été nécessaires pour retrouver la musique de ce chant. La foule des fidèles présente dans l’église applaudit longuement et debout cette belle interprétation de ce magnifique cœur d’hommes. Ce chant restera longtemps gravé dans la mémoire de nombreuses personnes de l’assistance.

A 10h40, le défilé se reforma renforcé par les cavaliers à cheval du 2° Hussard de Tarbes, ainsi que des artilleurs venus de Fenouillet (31) et d’une nombreuse assistance, il se dirigea par les rues étroites de notre cité vers la maison natale du général.

Le public massé dans l’immense cour de la maison Barbanègre était impressionnant, les Hussards et leurs chevaux stationnaient paisiblement sur l’espace vert du parc, tandis que l’infanterie et les artilleurs étaient rangés en ligne face à la maison au milieu de la foule. Les membres de la famille, prirent la parole pour évoquer la construction de la maison (1766), les nombreux enfants (14), frères et sœurs du général ainsi que leurs parents, la place des militaires dans cette famille. Les descendants se situaient généalogiquement par rapport à leurs ancêtres de cette génération.

Peu avant 11h00 le défilé impressionnant se dirigea vers le monument aux morts, où l’attendait encore un nombreux public. La musique de la fanfare Pontacquaise était en place, les différents représentants de sections se placèrent comme à l’habitude pour les cérémonies patriotiques, mais il fallut serrer les rangs en raison de la foule. La sonnerie « garde à vous » retentit, une gerbe fut déposée par Didier Larrazabal maire de Pontacq et Mme. Nathalie Chabanne députée de circonscription. Puis la sonnerie aux morts retentit, suivie par la minute de silence et enfin la Marseillaise jouée par la fanfare. L’hymne national sera repris en choeur par la très nombreuse assistance.

11h30, le défilé des reconstitueurs s’avança vers le site de la vieille tour et des fortifications par la rue Mesplès, alors que les porte-drapeaux, la Garde d’Honneur des Sapeurs-Pompiers et la population partirent vers la place des remparts par la rue de la République.

Les enfants des écoles habillés de blanc et coiffés du célèbre bonnet Autrichien (en carton, réalisé dans les différentes écoles) se massèrent de part et d’autre de la porte de la vieille tour et se déployèrent vers la croix des missions où étaient positionnés les divers porte-drapeaux, la foule était compacte. Il était, difficile de circuler, c’était un joyeux brouhaha très coloré.

Marcel Cazala, secrétaire de l’association « Patrimoine en Ribère-Ousse»  prit la parole pour présenter la scène qui allait suivre : les enfants évoquèrent au pied des remparts, devant la porte de la vieille tour, le contexte de l’époque ainsi que la sortie historique de la forteresse le 28 août 1815 à 8h00 du matin. Peu après se fit entendre la voix profonde du général Barbanègre derrière les fortifications qui demanda que cette reddition se fasse en bon ordre, l’archiduc Jean était auprès de ses militaires (représentés par les enfants des écoles), un coup de canon retentit alors et apparut le général Joseph Barbanègre suivi de ses officiers et de sa troupe qui défilèrent au son des tambours. L’archiduc Jean se porta à sa rencontre sous les hourras et les vivats des soldats autrichiens, l’élan de l’archiduc fut rompu par les mots de Barbanègre « j’ai des poux» .

La garnison sortit au complet, et se reforma en un magnifique défilé, suivie toujours des différents porte-drapeaux et de la garde d’honneur des sapeurs-pompiers. La foule se pressa à la suite des autorités et le défilé se dirigea au son des tambours vers la place Huningue où prirent place les différents acteurs de cette matinée. Dans un premier temps fut inaugurée la plaque commémorative des militaires Pontacquais morts pendant cette période de 1804 à 1814, les enfants des deux écoles firent l’appel aux morts.

Puis Monsieur Sébastian résuma l’historique de la réalisation de la statue du général Joseph Barbanègre, son inauguration le 16 août 1896 et enfin le 150ème anniversaire de la reddition d’Huningue commémoré le 17 juin 1965, avant d’exprimer ses remerciements à la Municipalité Pontacquaise.

Monsieur de Ligondès s’attacha à évoquer la vie des trois frères Barbanègre et plus spécialement celle du général, ainsi que leurs états de service, sans oublier de parler de leur famille. Il souligna rapidement les états de service d’un autre célèbre général de l’Empire né également à Pontacq, le général baron Guilhem d’Auture.

Puis Didier Larrazabal Maire de Pontacq salua l’assistance et les élus, il leur souhaita la bienvenue et évoqua l’histoire de Pontacq de ses origines à nos jours, il évoqua également le 150ème anniversaire de 1965, rappela qu’à l’occasion du 200° anniversaire un timbre a été émis au niveau national. Puis la vie de Barbanègre ainsi que le fait d’armes d’Huningue. Puis il remercia tous les acteurs de cette belle cérémonie, il n’oublia pas dans son propos de remercier Mme & M. Herrmann d’Huningue. Il devait clore son propos par les remerciements à la famille Barbanègre pour sa participation à cet événement.

La parole fut prise par M. Pierrick Denis représentant le Souvenir Napoléonien qui se dit fier de pouvoir honorer en ce jour le général Barbanègre au travers de l’évocation de ce bicentenaire.

Noël Paradis-Cami le Président de Patrimoine en Ribère-Ousse s’efforça de démystifier le fait que cette Reddition, qui en fait une défaite, fut perçue dans le contexte de cette époque comme une victoire et donc une fête. Il présenta ce bicentenaire comme un devoir de mémoire envers les générations Pontacquaises, après avoir cité quelques vers en béarnais du poète local Vincent de Bataille tirés de son poème « le Vallon de l’Ousse»  réservé à Joseph Barbanègre. Il remercia Didier Larrazabal, Maire de Pontacq et sa Municipalité pour leur investissement dans le déroulement de cette manifestation. Un cadeau souvenir fut remis à M. Herrmann venu d’Huningue.

Marie-Pierre Cabanne Conseillère régionale et départementale souligna la volonté communale et associative de Ribère-Ousse qui a permis l’aboutissement de cette très belle manifestation et a fédéré et mobilisé plusieurs associations Pontacquaises ainsi que la famille des descendants du général Barbanègre dans une initiative collective, rassemblant les élus de la vallée de l’Ousse, ceux de la vallée du Lagoin et ceux d’Ossun, ainsi que la députée de notre circonscription Nathalie Chabanne.

Enfin Nathalie Chabanne après avoir salué l’assemblée, s’associa à cette commémoration et à la mémoire du général Barbanègre, elle rappela la mémoire de quelques autres grands noms Pontacquais, comme Joseph Souberbielle, Guillaume d’Auture ou encore Jean Bouzet, mettant ainsi en avant le creuset Pontacquais d’hommes célèbres et la fierté que peuvent afficher les Pontacquais à l’encontre de leurs grands et célèbres ancêtres.

Le cœur d’hommes interpréta à nouveau les stances patriotiques « A Barbanègre» , puis l’assistance, les invités et les élus se dirigeaient vers les tables dressées au parquet sous les tilleuls pour profiter d’un apéritif réparateur, il était alors 13h30.

Une partie du public, les  personnalités, les reconstitueurs et les associations sur la place Huningue

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Inauguration de l’Oie Pontacquaise

dernière mise à jour: 16 septembre 2012

Samedi 15 septembre 2012

Inauguration du Bronze de l’Oie des Armoiries Pontacquaise



Ci dessous évocation Historique de l’oie Pontacquaise


Vous trouverez ci-dessous l’évocation Historique intégrale rédigée par le Président de l’association Patrimoine en Ribère-Ousse et lue à l’occasion de cette inauguration.


Messieurs et Mesdames les élus, Mesdames, Messieurs et chers Amis.

Ce soir nous nous retrouvons sur la plus ancienne place de Pontacq pour inaugurer un signe fort de notre identité de Pountacquès. En effet cette place du Barry était le cœur central du village médiéval de Pontac autour de laquelle se pressaient les marchands. Jusqu’à ces dernières années un arbre glorieux était planté en son centre, c’était le chêne de la victoire planté après le conflit de 1918, malade et devenu dangereux, il dut être abattu. A partir de ce moment-là, la municipalité chercha quel élément pourrait le remplacer, et c’est l’oie qui fut choisie, mais pas n’importe laquelle, non, c’est notre oie, l’oie Pontacquaise qui remplacera dorénavant ce glorieux chêne.

Des raisons d’être vigilante et de donner l’alerte, Pontacq en eut au cours de siècles, le péril venant souvent du côté de Lourdes avec sa forteresse imprenable :

-  En 1216 le siège du château fort de Lourdes par Simon de Montfort et ses troupes. En effet Simon de Montfort ne put s’emparer de la forteresse défendue par Nuno Sanche et Bernard IV de Comminges.

-  En 1360 le château est cédé aux Anglais par le traité de Brétigny. Le gouverneur en est Pierre-Arnault cousin de Gaston Phébus, ses capitaines et ses mercenaires nommés les compagnons de Lourdes font régner la terreur pendant 46 années.

-  En 1373, le Roi de France ne peut tolérer cet état de fait, il envoie son frère le Duc d’Anjou et le Connétable Bertrand de Du Guesclin à la tête d’une armée de 15 000 hommes. Le château fort de Lourdes étant imprenable le Duc d’Anjou se venge sur la partie de la population qui n’a pas pu se réfugier dans le château.

-  En 1407, le Comte de Clermont aux ordres du Roi de France aidé des Barégeois, reprend le château fort après un siège de 18 mois.

-  Nous ne pouvons citer ici tous les mouvements de troupes qui passèrent à portée de canon de Pontac, mais nous en avons eu un petit aperçu et nous savons que par la suite ils furent encore nombreux. Nous ne pouvons clore cet épisode sans évoquer le plus catastrophique d’entre eux pour notre communauté.

C’était  en 1569, lors des guerres de Religion, les Huguenots de Jeanne d’Albret, reine de Béarn-Navarre et comtesse de Bigorre, font du château fort de Lourdes leur place forte.

-  Cet épisode des Guerres de Religion, vint hélas confirmer l’importance de Pontacq, ou du moins sa position clé de ville frontière avec la Bigorre, elle eut à subir successivement les sièges et les assauts tant des catholiques que des protestants, les militaires qui traversaient la commune si logeaient et bien sûr s’octroyaientt sans vergogne tous les droits. C’est pour cette raison qu’en 1580 on décida de placer des garnisons commandées par des capitaines dans certaines villes et certains châteaux. Pontacq fut du nombre de ces derniers. La garnison était de 50 hommes et elle montait la garde très assidûment, aidée par la population, encore en 1615 et 1616. Cette dernière année on montait même la garde vers la Bigorre, en haut de la côte d’Ossun, à deux ou trois Kilomètres du centre-ville. Mais le point d’orgue fut le siège tragique du marquis de Villars et de ses troupes du 3 au 9 décembre 1592 où 154 maisons furent détruites et où moururent 300 personnes et 200 soldats de l’armée de Villars. Pontacq par sa résistance évita le pire au Béarn.

Vous voyez chers amis que comme les oies sauvèrent jadis le Capitole, le Castelnau de Pontacq était la clé du Béarn face à la Bigorre et imposa sa présence particulièrement au Haut moyen-âge, face aux intransigeances des Armagnacs. Pontacq avait des raisons de veiller et que sa vigilance n’était pas inutile.

Revenons à notre oie :

Nos vieilles armoiries sont un curieux document historique, car elles portent un animal peu commun, dans les représentations héraldiques, qu’il ne faut pas trop se hâter de trouver ridicule. C’est l’Oie, une oie aux ailes déployées, le bec ouvert donnant l’alarme. Aucun symbole ajoute Beaurain, n’indique plus clairement le rôle de sentinelle avancée joué par Pontacq dans l’histoire du Béarn, que la figure de l’animal dont la vigilance, devenue proverbiale, sauva jadis le Capitole.

A l’exemple des grandes cités libres, c’est au Moyen-Âge que PONTACQ choisit ses armes. Cependant, ces armoiries ne furent déclarées par la ville qu’à la suite de l’Edit de 1696 et enregistrées le 17 janvier 1701 çà lui en coûta 56 livres 10 sols. A cette période, seules les communautés de Nay et de Pontacq de tous les villages proches, déposèrent leurs armoiries à l’Armorial.

Tandis que la plupart des villes voisines offrent des armoiries où les vaches et les béliers rappellent que les béarnais étaient un peuple de pasteurs, Pontacq seul présente le sceau classique des villes libres du Moyen-Âge, évoquant l’idée de guerre et de défense. C’est une oie du Capitole, dressée sur les pattes, les ailes grandes ouvertes, le cou tendu, le bec ouvert, criant l’alerte. Oiseau de vigilance et d’avant-garde, suffisamment parleur sans qu’aucune devise soit nécessaire pour expliquer son beau geste de bravoure et de loyalisme.

Ces armoiries comme nous l’avons vu plus haut furent enregistrées par Pierre d’Hozier sur l’Armorial suite à l’Edit de 1696, en ces termes : « De gueules, à une oye s’essorant d’argent au chef cousu d’azur chargé du mot PONTACQ en caractères d’or. », l’art héraldique fit le reste. Par la suite on rajouta une couronne et une flamme qui entoure l’écu. Sur cette flamme sont gravés en latin les mots « mieux vaut veiller que dormir ».

En guise de conclusion, je terminerai par cette évidence à propos de nos couleurs que nos armoiries confirment bien que le rouge et le bleu qui y dominent sont bien les couleurs officielles de notre Ville, d’ailleurs Georges Beaurain l’a bien démontré dans son ouvrage au travers de ses recherches sur les tenues des Valets de Ville.

Je vous remercie pour votre attention.

Voir aussi l’article sur les Armoiries de Pontacq

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Lire la suite: Inauguration de l’Oie Pontacquaise

Le Castet de Pontacq

dernière mise à jour: 15 décembre 2010

Le « Castet»  de Pontacq


Il est sur le territoire de notre commune un lieu historique et légendaire où très certainement se développa avant l’arrivée des Romains le premier bourg de Pontacq. Ce lieu situé à environ 2 kilomètres, au nord-est du bourg actuel, sur le coteau surplombant la vallée de l’Ousse, élément du rebord occidental du plateau de Ger. Connu de longues dates par nos aïeux. Il faut attendre l986 pour qu’un archéologue s’intéresse au site et le déclara au SRA (Service Régional de l’Archéologie).

C’est au Cours d’une conférence débat, organisée à l’occasion des journées du Patrimoine Européen du 17 septembre 2010 que fut présenté sous la forme d’un diaporama, le fruit des travaux concernant ce site, par le Groupe de Travail de notre association « Noste-Done du Castet» .


la colline du Castet, vue depuis la rue du moulin de Marchand


Pourquoi Noste-Done du Castet ?

Nous savons qu’au XV° et XVI° siècles, il existait en ce lieu une chapelle dédiée à notre « Dame du Castet» . Ce lieu du culte très connu et fréquenté, faisait l’objet à l’époque de très nombreux dons pieux de la part des habitants de notre vallée, elle disparut certainement à la fin du XVII° ou début du XVIII° siècle ?

Ci-dessous vous ne trouverez qu’un petit résumé des résultats de ce travail, il vous situera dans le temps ce que put historiquement être ce site du Castet et sa relation avec notre bourg.

Relevés du site sur le Cadastre Napoléonien

 

C’est un éperon barré protohistorique …

Il fut reconnu par l’archéologue Patrice Dumontier en 1986 : « C’est en 1986, au cours d’une prospection archéologique sur le plateau de Ger que nous avons réalisé une première étude de ce site et sa déclaration auprès de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, Service Régional de l’Archéologie (SRA). Le site naturel se présente comme une langue de terre qui domine la vallée de l’Ousse de 90m environ. Cette langue de terre est délimitée par le rebord du plateau au sud et à l’ouest et par un profond ravin au nord. Ce camp à une longueur de 160m pour une largeur de 70 à 80m environ. Les fortes pentes constituent une défense naturelle complétée par un talus toujours présent, qui « ferme»  le coté est. Ce talus qui pouvait supporter une palissade, devait être associé à un fossé contigu, aujourd’hui disparu. Il mesure 60m de longueur. Sa largeur à la base est actuellement de 12 à 19m et de 2 à 9m au sommet. La hauteur conservée est d’environ 2m. Cette structure, probablement érodée à une largeur à la base qui nous permet de penser que ce talus était sensiblement plus haut.

Ces dispositions sont caractéristiques des camps protohistoriques appelé « éperons barrés»  particulièrement présents au 2e Age du Fer (-450/-50 avant notre ère).

Il faut toutefois noter que ce type de site facile à protéger a également été exploité au Moyen-âge, avec l’implantation d’une motte castrale qui, ici, est absente« .

Pas étonnant !… Le « château»  n’était probablement pas à l’intérieur de l’enceinte de terre, mais au pied de la colline, à environ 600 mètres, et sous la forme d’une « abbaye laïque»  (l’actuel  château de Bataille-Furé).

Le site a pu être le lieu de l’implantation, au haut Moyen Âge, de la première église pontacquaise, sous l’invocation de Sainte-Marie, car généralement, les premières paroisses naissent à partir du VIIIe siècle, jusqu’à l’an mil. Il est vrai que la chapelle de Notre-Dame du Castet n’est formellement attestée par les documents qu’au XVIe siècle.

 

Une abbaye laïque, peut-être la seigneurie primitive de Pontacq au haut Moyen Âge

 

Une abbaye laïque ou abadia, c’est dans la Gascogne pyrénéenne une maison de village, plus ou moins aristocratique, bénéficiant depuis une époque lointaine et obscure le droit de recueillir la dîme et de nommer le curé. En vertu de quoi ? On ne sait, peut-être parce que ces maisons avaient, sur leurs terres, fondées les premières églises ou chapelles. La famille d’Abadie est mentionnée à Pontacq dès le XIVe siècle et, jusqu’au XVIe siècle, sa maison ne se trouve dans le bourg, mais fore lo borg (« hors le bourg» ) ; d’ailleurs les jurats contestèrent longtemps cette localisation, alors que les descendants des Abadie voulaient se rapprocher de l’église du bourg. C’est en 1729 qu’un dénommé Furé, originaire de Pau, épousa la descendante de la dernière famille des abbés laïques, les Dejous, le domaine de Bataille-Furé était encore dit d’Abadie. Le Barry correspond quant à lui  à une extension du XIIIe siècle.

Au XVIe siècle encore, le Castet est dénombré comme un fief, une terre noble, et il est pourvu d’une chapelle.

Tout ceci concorde pour envisager l’hypothèse qu’à La Cau, au Castet, se trouvait peut-être le Pontacq primitif.

 

Vers 1090 : le « nouveau Pontacq» ,  un bourg ecclésial.

 

Le Pontacq qu’on connaît est un bourg ecclésial, fondé au XIe siècle, au moment où le Montanérès (dont Pontacq), primitivement bigourdan, devient béarnais. Entre Béarn et Bigorre, sont fondés d’ailleurs d’autres bourgs ecclésiaux comme Ibos, Azereix, Juillan, Poeyferré, Bartrès, Espoey, Gomer, Lourenties …  Ces villages sont « ronds»  car la protection de l’Eglise (l’institution) s’étendait sur un périmètre centré sur l’église, bâtiment. La plupart de ces bourgs ecclésiaux sont situés sur la frontière Béarn-Bigorre à l’époque où les deux seigneuries se disputaient le Montanérès. Pontacq est donc, comme les autres, un bourg datant du règne de Gaston IV (1090-1131) qui rattache définitivement le Montanérès au Vieux Béarn et, peut-être, érige les murailles et les portes de ville dont il ne reste que « la vieille tour» … L’Eglise joue à cette époque un très grand rôle politique et militaire, elle est à l’origine des Fors de Bigorre et, probablement, des Fors archaïques de Béarn. En outre, dès le XIe siècle également, est attestée l’église Saint-Pierre de Pontacq, distincte donc de Notre-Dame du Castet. L’invocation passe de Saint-Pierre à Saint-Laurent au XVIe siècle. Le Barry correspond à une extension du XIIIe siècle.

On peut former l’hypothèse que, lorsque l’Eglise a fondé ce Pontacq du XIe siècle, des populations, dispersées et dépendant initialement d’un seigneur établi au Castet, sont venues peupler ce bourg, mais ont gardé des liens avec leur paroisse initiale, au point de faire des legs et d’y aller en procession jusqu’au XVIe siècle.  Le « Castet»  ne fut, dans un premier temps, pas oublié, on parle encore de ses « murailles»  au milieu du XVIIIe siècle. Mais son souvenir était déjà perdu en 1783, lorsque l’évêché de Tarbes réalisa une enquête sur les lieux de  culte dans son diocèse.

 

Un exemple d’acte notarié : le testament d’Odet de Rosel (1508)

 

In nomine Domini amen. Notum sit que mossen Odet de Rosel, caperaa de Pontac, malaud de son corps empero saa de sa bona pensa … ha feyt son testament etc … E volo estar sepelit en la glisia paroccial de Sant Laurens de Pontac. Item lexa … detz scutz per far sas honors e obsequias … Plus lexa detz scutz per far cantar annualment un obit en lo jorn de sa sepultura… Plus lexa a las obras de Sant Laurens una torcha … Plus quoate sos a Nostra Dona de  Castet … VI sos aus frays menors de Tarba …

A Pontac, lo Val jorn d’abril l’an M Vc e hoeyt

(A.D.P.A., E 2089, fol. 8-8v)


Vue d'une partie de la vallée de l'Ousse depuis le Castet


La Source :

La source à laquelle on donnait autrefois des vertus miraculeuses était bien connue de nos parents et grands parents, elle se situait juste en dessous du Castet dans le flan gauche du ravin de la Caü et au fond du stand de tir. Disparue suite à des glissements et éboulements de terrains, envahi par la végétation luxuriante qui avait repris ses droits, elle a été remise à jour, grâce aux recherches pugnaces et passionnées de François Aduritz, qui a trouvé également lors des ses travaux de prospection des tessons de cruche.


 

La Source du Castet

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La conférence du 17 septembre 2010

Les Conférenciers


De gauche à droite : Noël Paradis-Cami et Dominique Bidot-Germa

Une partie de l'assistance

 
Le Groupe de Travail de Notre Dame du Castet

 

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Les Bois de la Ribère-Ousse

dernière mise à jour: 17 avril 2010
(extrait de la monographie le Bois d’Azet et les Pontaquais du XIVème au XXème siècle par Marie Josée Denel Arbus)

 Promenons nous dans les bois de la Ribère Ousse du XIVème siècle à nos jours.

      Faisons un petit tour dans le bois de Soumoulou dit de Ladevèze, qui faisait partie des nombreuses acquisitions de la famille de Day et fut vendu un peu avant 1812 pour 8000 francs à Bernard Davantès maître de Poste qui y habitait. Continuons notre randonnée par le bois de Hours, affiévé dès 1513 par le Seigneur du lieu et d’Espoey, noble D’Abère qui fut vendu en 1731 pour une part au seigneur de Jasses et pour une autre part au seigneur spirituel de Livron. Nous aurions évité en 1496 sur Coarraze, à Garue, une forêt dite »  Forêt Darré «  car même si l’affièvement en était fait par Pontacq, nous aurions pu y rencontrer le farouche baron de Coarraze. Il est vrai que même »  ayant droit de prendre, bois vif et mort pour bâtir et autres objets, sans nulle contradiction, au moyen de trente sols de fief annuel « , les Pontaquais s’en méfiaient.

      Nous aurions pu nous promener à cheval ou chasser en 1643 dans des bois de Pontacq, appartenant à des particuliers tels que le Sieur d’Auture, le Sieur Figuères (ou Higuères), ou le Sieur Pastre. L’année suivante en 1644, rencontrer, noble Isaacq de la Place, Seigneur d’Estibayre avant qu’il ne vende à Monsieur Ramon de Balette, un petit bois compris dans une métairie dite de Laugaron et provenant de Damoiselle d’Assubes épouse du noble Paul d’Abadie.»  Ce bosquet et cette métairie couvraient l’actuel quartier de Fossat « ,  me dit Gérard Gaston »  et s’appelait le Laügarou « .

      Nous aurions pu parcourir en 1693 le bois de Seubemale quoique »  la mauvaise forêt «  était qualifiée, par les jurats de la ville « d’un lopin de bois qui occasionne plus de dépenses que de revenus. Il n’y a que des méchants arbres et en petite quantité lesquels sont tous émondés sans qu’il y ait une branche de l’espaisseur du doit ».  « Le bois de Seubemale faisait partie de Garrue, il y avait des genêts, des ronces» , nous  dit Gérard Gaston »  Cela n’aurait pas été une belle promenade ! J’aurai préféré le Badaro, ce bois qui se situe à cheval entre Pontacq et Lamarque Pontacq, vers Ossun. C’est, dit-il, le bois de Bataille de Sévignac, il y avait là, le Château de Couet. Quand j’étais petit, il y a quelques 70 ans ou plus, j’allais m’amuser dans ce bois, il y avait un four à chaux où l’on traitait le plâtre venu de Barlest … dans le 65 « 

      Des particuliers comme le Sieur De Furé possédaient en 1733 une propriété avec deux bosquets. On terminerait notre périple au bois d’Azet que la ville possède encore de nos jours. On trouve l’appellation « Azet»  en 1597. En 1754 il a été aménagé en 25 coupes.

      « Azet qui a, en béarnais, la signification de serré était à essence de chênes à haute et belle futaye de differens âges mêlez de quelques haitres» , écrivait-on en 1749.

      On l’appelait la plupart du temps, par excellence : le Bois, nous dit Beaurain, l’historien de Pontacq.

            Bien sûr, c’est une promenade très écourtée par rapport aux sentiers que nous prenons à travers la monographie du bois d’Azet en cours d’exécution, mais cela vous donnera peut- être envie de prendre votre bâton de marche !

En arrière plan, le bois d'Azet vu du bois du sarailh

 

Les hommes des bois.

« Il y avait dans le bois d’Azet un hangar qui servait d’abri pour les gardes forestiers. Il reste quelques ruines des murs que nous pourrons voir demain» , me dit Gérard. L’abri dont parlait Gérard Gaston et dont les ruines sont prises en photo par Noël Paradis était la cabane du garde forestier ; était-ce celle du XVIIIème siècle ? Peut être…, toujours est-il que c’est Le Sieur de Meyrac, Maire de Pontacq qui, proposa en Avril 1717 en délibération à L’assemblée, le projet de : »  Bâtir une petite cabane de pierre, de chaux et sable dans le bois d’Azet pour la retraite du garde bois, ayant remarqué par expérience, que celle qui est habituellement construite de boisage, occasionne beaucoup de dépenses en bois, est toujours en mauvais état, ne permet pas aux gardes de s’abriter « (il s’agissait des gardes forestiers Esparros et fils).

A gauche les Ruines de l'ancienne cabanne des gardes, à droite la maison forestière

Le bois d’Azet a son gardien particulier dès 1521, il s’agit de Ramon de Basse qui exerce son métier jusqu’en 1531(Beaurain).

En 1613, le gardien du bois d’Azet à Pontacq est Arnauton de Casarrer.

De 1629 à 1643 le gardien du bois d’Azet est Isaac de Nogué.

En 1701 « Esparros a esté continué pour gardien du bois d’azet sur le pied de l’année passée.» 

En 1705 Esparros est toujours gardien du bois d’Azet. En 1717 c’est  Jean Esparros père et fils qui pour trente livres et 9 sols surveillent le bois d’Azet.

En 1748 Jean Germa et Jean Lauray ont été nommés garde bois d’Azet et de Sarrailh aux gages de 50 livres chacun (BB 17 F29 g ) renouvelés dans leur fonction le 5 Avril 1750. (BB 17 f78).

En 1758 c’est Dominique Mahomme Amadine, ce nom se prononce Mahoume (en forçant le h) qui « a de continué par unité de suffrages pour garder le bois d’Azet»  (BB17 f313d); il semble que le poste reste dans la famille puisque Dominique et Jean Mahomme père et fils »  ont été continué garde forestier aux gages de 150 livres »  en Mai 1783 décision signée par Souberbielle (BB25 f 94et 95 G).

Ainsi, au rythme des saisons, comme par enchantement la forêt s’éveille des bruits d’antan, du bûcheron à la cognée, du scieur de long que fut Louis Barbier, décédé le 09/11/1840 à Pontacq à l’âge de 105 ans (papiers personnels Christian Bordenave d’Agen))… Le bois, transporté au village permettra la rénovation des ponts, des maisons, des lieux de culte comme le temple. Avec ce bois, l’artiste Caron de Lescar en 1695 gravera un retable fort onéreux pour l’église de Pontacq. Ce même bois permettra au charpentier que fut en 1791 Pommiès, maître charpentier de Pontacq et à son apprenti Soulé de Séron, de construire des maisons. Le menuisier fabriquera les huisseries, l’ébéniste, des meubles. On retrouve dans les délibérations un sculpteur de Pontacq, Pierre Sans Tisner, qui demanda aux jurats un « Haistre du bois d’Azet»  pour entreprendre en 1705 la sculpture de l’image de Saint Paul, qui fut doré par Larrieu de Riscle. Plus près de nous, Pierre Barrère réalisera avec bien d’autres en 1894 la belle chapelle attenante de l’ancienne propriété d’Estibayre donné à Saint Frai par Mme Poque. Ce bois permettra, aux frères Piquer d’ouvrager les sabots début du XXème siècle, à Ménique de réaliser de beaux meubles, à Joseph Turon de rénover le moulin de M. Thonon. Et la liste n’est pas exhaustive !

 

maquette de la charpente du moulin Tonon, réalisée par Joseph Turon

 Le bois, produit de première nécessité, réserve de chasse, matière première pour l’industrie

Il y avait le bois, produit de première nécessité, celui que les misérables sans ressources volaient pour survivre, le bois qui réchauffait les aliments, le bois de chauffage pour se défendre contre les rigueurs hivernales (en 1688 deux fagots de bois pour le prédicateur coûtaient 4 soit 6 deniers, le bois de chauffage de 2 à 4 livres le char). A Pontacq en 1705, un char de soutrage pour la litière des animaux  est vendu 4 sous (Pontacq BB8 f 115 r). La cherté du bois et la misère poussaient les habitants aux larcins, les jurats ont eu à délibérer sur de nombreux litiges forestiers. C’était aussi le bois où Guilhem de Jusan, qui était « porque»  de la ville en 1648, gardait les porcs pendant »  le glandage « 

 Il y avait bien sûr, le bois, richesse naturelle, réserve de chasse, où étaient perchéesencore en 1939, 18 palombières espacées de 300 mètres les unes des autres. Le bois, convoitisedes Seigneurs, propriété du Roi sécurisé par les « lobaters» , travail qu’exerçait Poque Cadet qui le 29 Mai 1783 réclamait son dû aux jurats de la ville (12 livres et 18 sols comprenant poudre et balles, pour la toque du loup).

Le bois dont on échangeait les parcelles contre des libertés et franchises. Ce fut le cas du baron Ignace de Livron qui devint Seigneur de la ville de Pontacq, en obtenant la propriété patrimoniale en 1771 par l’échange avec le roi Louis XV (Louis XVI dit Jean Tucat, »  Histoire de la région de Pontacq »  p 39) de 56 arpents de bois enclavés dans la forêt de Senonches, près de Dreux (Eure et Loire).

Il y avait le bois  pour l’industrie. Les structures du travail du bois ont évolué au cours des siècles: les scieries, les moulins de tan, les fours à chaux, les tanneries, les forges qui toutes nécessitaient du bois comme matière première ou combustion ont saccagé nos forêts.

Dans son traité inédit en 1789, De Laclède, qui avait visité le bois d’Azet en compagnie du jurat de Pontacq Barbanègre, écrit en parlant des bois des Pyrénées : »  Les forêts des Pyrénées exploitées pour la Marine sans le concours des Officiers des Eaux et Forêts ont été détruites…Une administration arrête et détruit ce que l’autre opère «  dit-il. Il semble que cette réflexion ait traversé le temps !

Après le dictat du Roi, celui du progrès mal géré malmena nos forêts !

Plus près de nous, depuis une dizaine d’années, les tempêtes Klaus en 2009, Lothar et Martin il y a 10 ans, Xynthia le 28 Février 2010, ont causé bien des dégâts.

 
 

Fresque d'une action de chasse représentant Vincent de Bataille (le poéte) et le docteur du village

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Deux nouveaux articles sur l'Emigration :

Dans les pages Patrimoine du Fil de l'Ousse et dans la rubrique Emigration

La Prochaine Réunion de Ribère-Ousse :

Aura lieu le jeudi 8 juin prochain à 20h30

A la salle de réunion de l'Espace JC Hauret

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