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Inauguration de l’Oie Pontacquaise

Dernière mise à jour: 16 septembre 2012

Samedi 15 septembre 2012

Inauguration du Bronze de l’Oie des Armoiries Pontacquaise



Ci dessous évocation Historique de l’oie Pontacquaise


Vous trouverez ci-dessous l’évocation Historique intégrale rédigée par le Président de l’association Patrimoine en Ribère-Ousse et lue à l’occasion de cette inauguration.


Messieurs et Mesdames les élus, Mesdames, Messieurs et chers Amis.

Ce soir nous nous retrouvons sur la plus ancienne place de Pontacq pour inaugurer un signe fort de notre identité de Pountacquès. En effet cette place du Barry était le cœur central du village médiéval de Pontac autour de laquelle se pressaient les marchands. Jusqu’à ces dernières années un arbre glorieux était planté en son centre, c’était le chêne de la victoire planté après le conflit de 1918, malade et devenu dangereux, il dut être abattu. A partir de ce moment-là, la municipalité chercha quel élément pourrait le remplacer, et c’est l’oie qui fut choisie, mais pas n’importe laquelle, non, c’est notre oie, l’oie Pontacquaise qui remplacera dorénavant ce glorieux chêne.

Des raisons d’être vigilante et de donner l’alerte, Pontacq en eut au cours de siècles, le péril venant souvent du côté de Lourdes avec sa forteresse imprenable :

-  En 1216 le siège du château fort de Lourdes par Simon de Montfort et ses troupes. En effet Simon de Montfort ne put s’emparer de la forteresse défendue par Nuno Sanche et Bernard IV de Comminges.

-  En 1360 le château est cédé aux Anglais par le traité de Brétigny. Le gouverneur en est Pierre-Arnault cousin de Gaston Phébus, ses capitaines et ses mercenaires nommés les compagnons de Lourdes font régner la terreur pendant 46 années.

-  En 1373, le Roi de France ne peut tolérer cet état de fait, il envoie son frère le Duc d’Anjou et le Connétable Bertrand de Du Guesclin à la tête d’une armée de 15 000 hommes. Le château fort de Lourdes étant imprenable le Duc d’Anjou se venge sur la partie de la population qui n’a pas pu se réfugier dans le château.

-  En 1407, le Comte de Clermont aux ordres du Roi de France aidé des Barégeois, reprend le château fort après un siège de 18 mois.

-  Nous ne pouvons citer ici tous les mouvements de troupes qui passèrent à portée de canon de Pontac, mais nous en avons eu un petit aperçu et nous savons que par la suite ils furent encore nombreux. Nous ne pouvons clore cet épisode sans évoquer le plus catastrophique d’entre eux pour notre communauté.

C’était  en 1569, lors des guerres de Religion, les Huguenots de Jeanne d’Albret, reine de Béarn-Navarre et comtesse de Bigorre, font du château fort de Lourdes leur place forte.

-  Cet épisode des Guerres de Religion, vint hélas confirmer l’importance de Pontacq, ou du moins sa position clé de ville frontière avec la Bigorre, elle eut à subir successivement les sièges et les assauts tant des catholiques que des protestants, les militaires qui traversaient la commune si logeaient et bien sûr s’octroyaientt sans vergogne tous les droits. C’est pour cette raison qu’en 1580 on décida de placer des garnisons commandées par des capitaines dans certaines villes et certains châteaux. Pontacq fut du nombre de ces derniers. La garnison était de 50 hommes et elle montait la garde très assidûment, aidée par la population, encore en 1615 et 1616. Cette dernière année on montait même la garde vers la Bigorre, en haut de la côte d’Ossun, à deux ou trois Kilomètres du centre-ville. Mais le point d’orgue fut le siège tragique du marquis de Villars et de ses troupes du 3 au 9 décembre 1592 où 154 maisons furent détruites et où moururent 300 personnes et 200 soldats de l’armée de Villars. Pontacq par sa résistance évita le pire au Béarn.

Vous voyez chers amis que comme les oies sauvèrent jadis le Capitole, le Castelnau de Pontacq était la clé du Béarn face à la Bigorre et imposa sa présence particulièrement au Haut moyen-âge, face aux intransigeances des Armagnacs. Pontacq avait des raisons de veiller et que sa vigilance n’était pas inutile.

Revenons à notre oie :

Nos vieilles armoiries sont un curieux document historique, car elles portent un animal peu commun, dans les représentations héraldiques, qu’il ne faut pas trop se hâter de trouver ridicule. C’est l’Oie, une oie aux ailes déployées, le bec ouvert donnant l’alarme. Aucun symbole ajoute Beaurain, n’indique plus clairement le rôle de sentinelle avancée joué par Pontacq dans l’histoire du Béarn, que la figure de l’animal dont la vigilance, devenue proverbiale, sauva jadis le Capitole.

A l’exemple des grandes cités libres, c’est au Moyen-Âge que PONTACQ choisit ses armes. Cependant, ces armoiries ne furent déclarées par la ville qu’à la suite de l’Edit de 1696 et enregistrées le 17 janvier 1701 çà lui en coûta 56 livres 10 sols. A cette période, seules les communautés de Nay et de Pontacq de tous les villages proches, déposèrent leurs armoiries à l’Armorial.

Tandis que la plupart des villes voisines offrent des armoiries où les vaches et les béliers rappellent que les béarnais étaient un peuple de pasteurs, Pontacq seul présente le sceau classique des villes libres du Moyen-Âge, évoquant l’idée de guerre et de défense. C’est une oie du Capitole, dressée sur les pattes, les ailes grandes ouvertes, le cou tendu, le bec ouvert, criant l’alerte. Oiseau de vigilance et d’avant-garde, suffisamment parleur sans qu’aucune devise soit nécessaire pour expliquer son beau geste de bravoure et de loyalisme.

Ces armoiries comme nous l’avons vu plus haut furent enregistrées par Pierre d’Hozier sur l’Armorial suite à l’Edit de 1696, en ces termes : « De gueules, à une oye s’essorant d’argent au chef cousu d’azur chargé du mot PONTACQ en caractères d’or. », l’art héraldique fit le reste. Par la suite on rajouta une couronne et une flamme qui entoure l’écu. Sur cette flamme sont gravés en latin les mots « mieux vaut veiller que dormir ».

En guise de conclusion, je terminerai par cette évidence à propos de nos couleurs que nos armoiries confirment bien que le rouge et le bleu qui y dominent sont bien les couleurs officielles de notre Ville, d’ailleurs Georges Beaurain l’a bien démontré dans son ouvrage au travers de ses recherches sur les tenues des Valets de Ville.

Je vous remercie pour votre attention.

Voir aussi l’article sur les Armoiries de Pontacq

ΞΞΞ


Le Fait de Lourdes :

Conférence de J.F. Soulet, à la salle de spectacle de la mairie de Pontacq, le samedi 21 octobre prochain à 20h30. Entrée libre, l'auteur dédicacera son ouvrage.

L'Assemblée Générale de Ribère-Ousse :

Aura lieu le samedi 18 novembre prochain à 18h00, salle de réunion de l'Espace JC Hauret.

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