Le site de l'association "Patrimoine en Ribère-Ousse"

Le Castet de Pontacq

Dernière mise à jour: 15 décembre 2010

Le « Castet»  de Pontacq


Il est sur le territoire de notre commune un lieu historique et légendaire où très certainement se développa avant l’arrivée des Romains le premier bourg de Pontacq. Ce lieu situé à environ 2 kilomètres, au nord-est du bourg actuel, sur le coteau surplombant la vallée de l’Ousse, élément du rebord occidental du plateau de Ger. Connu de longues dates par nos aïeux. Il faut attendre l986 pour qu’un archéologue s’intéresse au site et le déclara au SRA (Service Régional de l’Archéologie).

C’est au Cours d’une conférence débat, organisée à l’occasion des journées du Patrimoine Européen du 17 septembre 2010 que fut présenté sous la forme d’un diaporama, le fruit des travaux concernant ce site, par le Groupe de Travail de notre association « Noste-Done du Castet» .


la colline du Castet, vue depuis la rue du moulin de Marchand


Pourquoi Noste-Done du Castet ?

Nous savons qu’au XV° et XVI° siècles, il existait en ce lieu une chapelle dédiée à notre « Dame du Castet» . Ce lieu du culte très connu et fréquenté, faisait l’objet à l’époque de très nombreux dons pieux de la part des habitants de notre vallée, elle disparut certainement à la fin du XVII° ou début du XVIII° siècle ?

Ci-dessous vous ne trouverez qu’un petit résumé des résultats de ce travail, il vous situera dans le temps ce que put historiquement être ce site du Castet et sa relation avec notre bourg.

Relevés du site sur le Cadastre Napoléonien

 

C’est un éperon barré protohistorique …

Il fut reconnu par l’archéologue Patrice Dumontier en 1986 : « C’est en 1986, au cours d’une prospection archéologique sur le plateau de Ger que nous avons réalisé une première étude de ce site et sa déclaration auprès de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, Service Régional de l’Archéologie (SRA). Le site naturel se présente comme une langue de terre qui domine la vallée de l’Ousse de 90m environ. Cette langue de terre est délimitée par le rebord du plateau au sud et à l’ouest et par un profond ravin au nord. Ce camp à une longueur de 160m pour une largeur de 70 à 80m environ. Les fortes pentes constituent une défense naturelle complétée par un talus toujours présent, qui « ferme»  le coté est. Ce talus qui pouvait supporter une palissade, devait être associé à un fossé contigu, aujourd’hui disparu. Il mesure 60m de longueur. Sa largeur à la base est actuellement de 12 à 19m et de 2 à 9m au sommet. La hauteur conservée est d’environ 2m. Cette structure, probablement érodée à une largeur à la base qui nous permet de penser que ce talus était sensiblement plus haut.

Ces dispositions sont caractéristiques des camps protohistoriques appelé « éperons barrés»  particulièrement présents au 2e Age du Fer (-450/-50 avant notre ère).

Il faut toutefois noter que ce type de site facile à protéger a également été exploité au Moyen-âge, avec l’implantation d’une motte castrale qui, ici, est absente« .

Pas étonnant !… Le « château»  n’était probablement pas à l’intérieur de l’enceinte de terre, mais au pied de la colline, à environ 600 mètres, et sous la forme d’une « abbaye laïque»  (l’actuel  château de Bataille-Furé).

Le site a pu être le lieu de l’implantation, au haut Moyen Âge, de la première église pontacquaise, sous l’invocation de Sainte-Marie, car généralement, les premières paroisses naissent à partir du VIIIe siècle, jusqu’à l’an mil. Il est vrai que la chapelle de Notre-Dame du Castet n’est formellement attestée par les documents qu’au XVIe siècle.

 

Une abbaye laïque, peut-être la seigneurie primitive de Pontacq au haut Moyen Âge

 

Une abbaye laïque ou abadia, c’est dans la Gascogne pyrénéenne une maison de village, plus ou moins aristocratique, bénéficiant depuis une époque lointaine et obscure le droit de recueillir la dîme et de nommer le curé. En vertu de quoi ? On ne sait, peut-être parce que ces maisons avaient, sur leurs terres, fondées les premières églises ou chapelles. La famille d’Abadie est mentionnée à Pontacq dès le XIVe siècle et, jusqu’au XVIe siècle, sa maison ne se trouve dans le bourg, mais fore lo borg (« hors le bourg» ) ; d’ailleurs les jurats contestèrent longtemps cette localisation, alors que les descendants des Abadie voulaient se rapprocher de l’église du bourg. C’est en 1729 qu’un dénommé Furé, originaire de Pau, épousa la descendante de la dernière famille des abbés laïques, les Dejous, le domaine de Bataille-Furé était encore dit d’Abadie. Le Barry correspond quant à lui  à une extension du XIIIe siècle.

Au XVIe siècle encore, le Castet est dénombré comme un fief, une terre noble, et il est pourvu d’une chapelle.

Tout ceci concorde pour envisager l’hypothèse qu’à La Cau, au Castet, se trouvait peut-être le Pontacq primitif.

 

Vers 1090 : le « nouveau Pontacq» ,  un bourg ecclésial.

 

Le Pontacq qu’on connaît est un bourg ecclésial, fondé au XIe siècle, au moment où le Montanérès (dont Pontacq), primitivement bigourdan, devient béarnais. Entre Béarn et Bigorre, sont fondés d’ailleurs d’autres bourgs ecclésiaux comme Ibos, Azereix, Juillan, Poeyferré, Bartrès, Espoey, Gomer, Lourenties …  Ces villages sont « ronds»  car la protection de l’Eglise (l’institution) s’étendait sur un périmètre centré sur l’église, bâtiment. La plupart de ces bourgs ecclésiaux sont situés sur la frontière Béarn-Bigorre à l’époque où les deux seigneuries se disputaient le Montanérès. Pontacq est donc, comme les autres, un bourg datant du règne de Gaston IV (1090-1131) qui rattache définitivement le Montanérès au Vieux Béarn et, peut-être, érige les murailles et les portes de ville dont il ne reste que « la vieille tour» … L’Eglise joue à cette époque un très grand rôle politique et militaire, elle est à l’origine des Fors de Bigorre et, probablement, des Fors archaïques de Béarn. En outre, dès le XIe siècle également, est attestée l’église Saint-Pierre de Pontacq, distincte donc de Notre-Dame du Castet. L’invocation passe de Saint-Pierre à Saint-Laurent au XVIe siècle. Le Barry correspond à une extension du XIIIe siècle.

On peut former l’hypothèse que, lorsque l’Eglise a fondé ce Pontacq du XIe siècle, des populations, dispersées et dépendant initialement d’un seigneur établi au Castet, sont venues peupler ce bourg, mais ont gardé des liens avec leur paroisse initiale, au point de faire des legs et d’y aller en procession jusqu’au XVIe siècle.  Le « Castet»  ne fut, dans un premier temps, pas oublié, on parle encore de ses « murailles»  au milieu du XVIIIe siècle. Mais son souvenir était déjà perdu en 1783, lorsque l’évêché de Tarbes réalisa une enquête sur les lieux de  culte dans son diocèse.

 

Un exemple d’acte notarié : le testament d’Odet de Rosel (1508)

 

In nomine Domini amen. Notum sit que mossen Odet de Rosel, caperaa de Pontac, malaud de son corps empero saa de sa bona pensa … ha feyt son testament etc … E volo estar sepelit en la glisia paroccial de Sant Laurens de Pontac. Item lexa … detz scutz per far sas honors e obsequias … Plus lexa detz scutz per far cantar annualment un obit en lo jorn de sa sepultura… Plus lexa a las obras de Sant Laurens una torcha … Plus quoate sos a Nostra Dona de  Castet … VI sos aus frays menors de Tarba …

A Pontac, lo Val jorn d’abril l’an M Vc e hoeyt

(A.D.P.A., E 2089, fol. 8-8v)


Vue d'une partie de la vallée de l'Ousse depuis le Castet


La Source :

La source à laquelle on donnait autrefois des vertus miraculeuses était bien connue de nos parents et grands parents, elle se situait juste en dessous du Castet dans le flan gauche du ravin de la Caü et au fond du stand de tir. Disparue suite à des glissements et éboulements de terrains, envahi par la végétation luxuriante qui avait repris ses droits, elle a été remise à jour, grâce aux recherches pugnaces et passionnées de François Aduritz, qui a trouvé également lors des ses travaux de prospection des tessons de cruche.


 

La Source du Castet

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La conférence du 17 septembre 2010

Les Conférenciers


De gauche à droite : Noël Paradis-Cami et Dominique Bidot-Germa

Une partie de l'assistance

 
Le Groupe de Travail de Notre Dame du Castet

 

ΞΞΞ

Un nouvel article sur les transports au XIX° et XX° siècles :

Dans la page Patrimoine du Fil de l'Ousse n° 47

La Prochaine Réunion de Ribère-Ousse :

Aura lieu le jeudi 31 août prochain à 20h30

A la salle de réunion de l'Espace JC Hauret

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