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Les Bois de la Ribère-Ousse

Dernière mise à jour: 17 avril 2010
(extrait de la monographie le Bois d’Azet et les Pontaquais du XIVème au XXème siècle par Marie Josée Denel Arbus)

 Promenons nous dans les bois de la Ribère Ousse du XIVème siècle à nos jours.

      Faisons un petit tour dans le bois de Soumoulou dit de Ladevèze, qui faisait partie des nombreuses acquisitions de la famille de Day et fut vendu un peu avant 1812 pour 8000 francs à Bernard Davantès maître de Poste qui y habitait. Continuons notre randonnée par le bois de Hours, affiévé dès 1513 par le Seigneur du lieu et d’Espoey, noble D’Abère qui fut vendu en 1731 pour une part au seigneur de Jasses et pour une autre part au seigneur spirituel de Livron. Nous aurions évité en 1496 sur Coarraze, à Garue, une forêt dite »  Forêt Darré «  car même si l’affièvement en était fait par Pontacq, nous aurions pu y rencontrer le farouche baron de Coarraze. Il est vrai que même »  ayant droit de prendre, bois vif et mort pour bâtir et autres objets, sans nulle contradiction, au moyen de trente sols de fief annuel « , les Pontaquais s’en méfiaient.

      Nous aurions pu nous promener à cheval ou chasser en 1643 dans des bois de Pontacq, appartenant à des particuliers tels que le Sieur d’Auture, le Sieur Figuères (ou Higuères), ou le Sieur Pastre. L’année suivante en 1644, rencontrer, noble Isaacq de la Place, Seigneur d’Estibayre avant qu’il ne vende à Monsieur Ramon de Balette, un petit bois compris dans une métairie dite de Laugaron et provenant de Damoiselle d’Assubes épouse du noble Paul d’Abadie.»  Ce bosquet et cette métairie couvraient l’actuel quartier de Fossat « ,  me dit Gérard Gaston »  et s’appelait le Laügarou « .

      Nous aurions pu parcourir en 1693 le bois de Seubemale quoique »  la mauvaise forêt «  était qualifiée, par les jurats de la ville « d’un lopin de bois qui occasionne plus de dépenses que de revenus. Il n’y a que des méchants arbres et en petite quantité lesquels sont tous émondés sans qu’il y ait une branche de l’espaisseur du doit ».  « Le bois de Seubemale faisait partie de Garrue, il y avait des genêts, des ronces» , nous  dit Gérard Gaston »  Cela n’aurait pas été une belle promenade ! J’aurai préféré le Badaro, ce bois qui se situe à cheval entre Pontacq et Lamarque Pontacq, vers Ossun. C’est, dit-il, le bois de Bataille de Sévignac, il y avait là, le Château de Couet. Quand j’étais petit, il y a quelques 70 ans ou plus, j’allais m’amuser dans ce bois, il y avait un four à chaux où l’on traitait le plâtre venu de Barlest … dans le 65 « 

      Des particuliers comme le Sieur De Furé possédaient en 1733 une propriété avec deux bosquets. On terminerait notre périple au bois d’Azet que la ville possède encore de nos jours. On trouve l’appellation « Azet»  en 1597. En 1754 il a été aménagé en 25 coupes.

      « Azet qui a, en béarnais, la signification de serré était à essence de chênes à haute et belle futaye de differens âges mêlez de quelques haitres» , écrivait-on en 1749.

      On l’appelait la plupart du temps, par excellence : le Bois, nous dit Beaurain, l’historien de Pontacq.

            Bien sûr, c’est une promenade très écourtée par rapport aux sentiers que nous prenons à travers la monographie du bois d’Azet en cours d’exécution, mais cela vous donnera peut- être envie de prendre votre bâton de marche !

En arrière plan, le bois d'Azet vu du bois du sarailh

 

Les hommes des bois.

« Il y avait dans le bois d’Azet un hangar qui servait d’abri pour les gardes forestiers. Il reste quelques ruines des murs que nous pourrons voir demain» , me dit Gérard. L’abri dont parlait Gérard Gaston et dont les ruines sont prises en photo par Noël Paradis était la cabane du garde forestier ; était-ce celle du XVIIIème siècle ? Peut être…, toujours est-il que c’est Le Sieur de Meyrac, Maire de Pontacq qui, proposa en Avril 1717 en délibération à L’assemblée, le projet de : »  Bâtir une petite cabane de pierre, de chaux et sable dans le bois d’Azet pour la retraite du garde bois, ayant remarqué par expérience, que celle qui est habituellement construite de boisage, occasionne beaucoup de dépenses en bois, est toujours en mauvais état, ne permet pas aux gardes de s’abriter « (il s’agissait des gardes forestiers Esparros et fils).

A gauche les Ruines de l'ancienne cabanne des gardes, à droite la maison forestière

Le bois d’Azet a son gardien particulier dès 1521, il s’agit de Ramon de Basse qui exerce son métier jusqu’en 1531(Beaurain).

En 1613, le gardien du bois d’Azet à Pontacq est Arnauton de Casarrer.

De 1629 à 1643 le gardien du bois d’Azet est Isaac de Nogué.

En 1701 « Esparros a esté continué pour gardien du bois d’azet sur le pied de l’année passée.» 

En 1705 Esparros est toujours gardien du bois d’Azet. En 1717 c’est  Jean Esparros père et fils qui pour trente livres et 9 sols surveillent le bois d’Azet.

En 1748 Jean Germa et Jean Lauray ont été nommés garde bois d’Azet et de Sarrailh aux gages de 50 livres chacun (BB 17 F29 g ) renouvelés dans leur fonction le 5 Avril 1750. (BB 17 f78).

En 1758 c’est Dominique Mahomme Amadine, ce nom se prononce Mahoume (en forçant le h) qui « a de continué par unité de suffrages pour garder le bois d’Azet»  (BB17 f313d); il semble que le poste reste dans la famille puisque Dominique et Jean Mahomme père et fils »  ont été continué garde forestier aux gages de 150 livres »  en Mai 1783 décision signée par Souberbielle (BB25 f 94et 95 G).

Ainsi, au rythme des saisons, comme par enchantement la forêt s’éveille des bruits d’antan, du bûcheron à la cognée, du scieur de long que fut Louis Barbier, décédé le 09/11/1840 à Pontacq à l’âge de 105 ans (papiers personnels Christian Bordenave d’Agen))… Le bois, transporté au village permettra la rénovation des ponts, des maisons, des lieux de culte comme le temple. Avec ce bois, l’artiste Caron de Lescar en 1695 gravera un retable fort onéreux pour l’église de Pontacq. Ce même bois permettra au charpentier que fut en 1791 Pommiès, maître charpentier de Pontacq et à son apprenti Soulé de Séron, de construire des maisons. Le menuisier fabriquera les huisseries, l’ébéniste, des meubles. On retrouve dans les délibérations un sculpteur de Pontacq, Pierre Sans Tisner, qui demanda aux jurats un « Haistre du bois d’Azet»  pour entreprendre en 1705 la sculpture de l’image de Saint Paul, qui fut doré par Larrieu de Riscle. Plus près de nous, Pierre Barrère réalisera avec bien d’autres en 1894 la belle chapelle attenante de l’ancienne propriété d’Estibayre donné à Saint Frai par Mme Poque. Ce bois permettra, aux frères Piquer d’ouvrager les sabots début du XXème siècle, à Ménique de réaliser de beaux meubles, à Joseph Turon de rénover le moulin de M. Thonon. Et la liste n’est pas exhaustive !

 

maquette de la charpente du moulin Tonon, réalisée par Joseph Turon

 Le bois, produit de première nécessité, réserve de chasse, matière première pour l’industrie

Il y avait le bois, produit de première nécessité, celui que les misérables sans ressources volaient pour survivre, le bois qui réchauffait les aliments, le bois de chauffage pour se défendre contre les rigueurs hivernales (en 1688 deux fagots de bois pour le prédicateur coûtaient 4 soit 6 deniers, le bois de chauffage de 2 à 4 livres le char). A Pontacq en 1705, un char de soutrage pour la litière des animaux  est vendu 4 sous (Pontacq BB8 f 115 r). La cherté du bois et la misère poussaient les habitants aux larcins, les jurats ont eu à délibérer sur de nombreux litiges forestiers. C’était aussi le bois où Guilhem de Jusan, qui était « porque»  de la ville en 1648, gardait les porcs pendant »  le glandage « 

 Il y avait bien sûr, le bois, richesse naturelle, réserve de chasse, où étaient perchéesencore en 1939, 18 palombières espacées de 300 mètres les unes des autres. Le bois, convoitisedes Seigneurs, propriété du Roi sécurisé par les « lobaters» , travail qu’exerçait Poque Cadet qui le 29 Mai 1783 réclamait son dû aux jurats de la ville (12 livres et 18 sols comprenant poudre et balles, pour la toque du loup).

Le bois dont on échangeait les parcelles contre des libertés et franchises. Ce fut le cas du baron Ignace de Livron qui devint Seigneur de la ville de Pontacq, en obtenant la propriété patrimoniale en 1771 par l’échange avec le roi Louis XV (Louis XVI dit Jean Tucat, »  Histoire de la région de Pontacq »  p 39) de 56 arpents de bois enclavés dans la forêt de Senonches, près de Dreux (Eure et Loire).

Il y avait le bois  pour l’industrie. Les structures du travail du bois ont évolué au cours des siècles: les scieries, les moulins de tan, les fours à chaux, les tanneries, les forges qui toutes nécessitaient du bois comme matière première ou combustion ont saccagé nos forêts.

Dans son traité inédit en 1789, De Laclède, qui avait visité le bois d’Azet en compagnie du jurat de Pontacq Barbanègre, écrit en parlant des bois des Pyrénées : »  Les forêts des Pyrénées exploitées pour la Marine sans le concours des Officiers des Eaux et Forêts ont été détruites…Une administration arrête et détruit ce que l’autre opère «  dit-il. Il semble que cette réflexion ait traversé le temps !

Après le dictat du Roi, celui du progrès mal géré malmena nos forêts !

Plus près de nous, depuis une dizaine d’années, les tempêtes Klaus en 2009, Lothar et Martin il y a 10 ans, Xynthia le 28 Février 2010, ont causé bien des dégâts.

 
 

Fresque d'une action de chasse représentant Vincent de Bataille (le poéte) et le docteur du village

 ΞΞΞ

 

Le Fait de Lourdes :

Conférence de J.F. Soulet, à la salle de spectacle de la mairie de Pontacq, le samedi 21 octobre prochain à 20h30. Entrée libre, l'auteur dédicacera son ouvrage.

L'Assemblée Générale de Ribère-Ousse :

Aura lieu le samedi 18 novembre prochain à 18h00, salle de réunion de l'Espace JC Hauret.

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